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lundi 15 décembre 2014

Voeux des fêtes 2014

Petits pingouins en érable peint,  réalisés au tour à bois ...sauf pour les ailes et le bec bien sûr ! 

vendredi 17 janvier 2014

Séchoir à pâtes


Je dois l’avouer, j’ai un faible pour les pâtes et sous toutes leurs formes! Il y a trois ans, j’ai même fait l’acquisition d’une machine à pâtes, car les pâtes fraîches ont bien meilleur goût que les pâtes déshydratées du commerce. Très rapidement, j’ai compris qu’il était nécessaire de sécher légèrement les pâtes avant de les faire cuire, car elles absorbent ainsi un peu moins d’eau à la cuisson. Par ailleurs, lorsque l’on désire conserver les pâtes au frigo ou au congélateur il est nettement préférable de les faire sécher un peu plus longtemps. Il existe des manières très simples pour faire sécher des pâtes, comme les placer sur un cintre ou sur le dos d’une chaise recouvert d’un linge. Mais pour éviter de saupoudrer la cuisine de farine, il est préférable de faire sécher les pâtes à proximité de la machine à pâte. Il existe bien sûr des séchoirs du commerce en plastique, mais comme je suis un artisan du bois, vous devinerez que j’ai « plancher » très rapidement sur un modèle en bois. Ma première version était plutôt rudimentaire : un goujon de ½" (13 mm) de diamètre et de 18’’ (457 mm) de longueur fixé entre deux pièces de bois de 12’’(305 mm) de hauteur vissées à une base de contreplaqué, temps de fabrication : 20 minutes! Ce séchoir fonctionnait bien sûr, mais il était encombrant, peu esthétique et on devait le démonter pour le ranger dans une armoire. J’ai donc décidé de m’inspirer de certains modèles du commerce pour concevoir un séchoir en bois qui occuperait peu d’espace sur le comptoir de cuisine et qui serait même suffisamment esthétique pour ne pas le ranger dans une armoire après utilisation.

Très rapidement, j’ai retenu le principe d’un séchoir avec une tige centrale sur laquelle se déploient des bras pour suspendre les pâtes. Avec 8 bras de 5’’ (127 mm) chacun, on dispose donc de 40’’ linéaires (1016 mm) pour suspendre les pâtes, ce qui est nettement mieux que le maigre 18’’ (457 mm) d’un cintre ou d’un dossier de chaise. Ce principe me permettait également de réaliser toutes les pièces du séchoir sur un tour à bois. J’ai modélisé le séchoir sur Sketchup (version 8), c’est le logiciel idéal pour obtenir un bon rendu 3D sur des pièces tournées. Deux outils de Sketchup sont particulièrement utiles pour modéliser des objets cylindriques, le « pousser-tirer » qui par extrusion d’un cercle donne un cylindre et le « suivez-moi » qui permet d’extruder une forme, même complexe, autour d’un objet comme une moulure en quart de rond. Les dessins 3D qui illustrent cet article ont tous été créés avec Sketchup.

Figure 1.  Tige 
Au total le séchoir à pâtes mesure 15 1/2" (394 mm) de hauteur ce qui normalement permet de le ranger sous le dégagement compris entre le comptoir et les armoires de cuisine. Le séchoir est composé de 7 pièces, toutes machinées sur le tour à bois. La base et la tige centrale sont tournées ensemble. La base de 4 1/2" (114 mm) de diamètre est d’abord découpée dans une pièce d’un pouce d’épaisseur alors que la tige centrale est constituée d’une pièce 1 1/4" (32 mm) carré et de 14 1/2" (368 mm) de long, pour faciliter le tournage de cette pièce j’ai coupé ses 4 coins à 45° sur la scie à ruban (ce qui donne un prisme octogonal, plus près du cylindre qu’un prisme carré!).   Avant de coller la base et la tige ensemble j’ai percé les deux pièces en leur centre pour les relier par un goujon rainuré de 1/4" (6mm) de diamètre. Comme le séchoir est réalisé dans un bois semi-dur (le cerisier tardif) j’ai utilisé une colle uréthane pour assurer une prise maximale, car le tournage exerce des forces importantes sur les pièces. Pour les habitués du tour à bois le tournage de la base et de la tige s’exécute sans trop de difficulté, on débute par la mise en cylindre des pièces pour bien les balancer, ensuite on exécute des coupes de profondeur avec un ciseau grain d’orge, ces coupes doivent correspondre aux différents diamètres de la base et de la tige. Sur la tige j’ai effectué des coupes à tous les pouces en vérifiant régulièrement le diamètre avec un compas d’épaisseur, une fois cette étape complétée je n’avais qu’à retirer avec une gouge et un ciseau à épauler oblique le matériel entre les coupes. Cette méthode est un peu longue, mais elle garantie un diamètre constant sur l’ensemble de la pièce, et cela est particulièrement important pour la portion de la tige qui servira d’axe pour les 4 bras de séchage, le diamètre doit être très légèrement inférieur à ½" afin de permettre au bras de bien pivoter autour de l’axe.

Figure 2. Bras


Chaque bras est tourné dans une pièce de 1" (25 mm) carré et de 13" (330 mm) de long. Le bras aura 12 1/2" (318 mm) au total, mais il faut laisser un segment de 1/4" (6 mm) à chaque extrémité pour couper l’emprunte laissée par les pointes et les broches d’entraînement des poupées fixes et mobiles du tour. Le tournage des bras demande un peu plus d’attention, car il faut conserver la partie centrale carrée et arrondir les deux extrémités (voir figure 2). Finalement j’ai tourné « en l’air » (sur la poupée fixe avec un plateau de tournage à vis centrale) le petit capuchon de bois qui maintiendra les bras en place. Ce dernier doit être percé à sa base (1/4'" [6 mm] de profondeur avec une mèche de 1/2" [13 mm]) pour le fixer et le coller sur l’axe de la tige. 

Le séchoir à pâtes en pleine action... un peu plus d'un mètre liénaire d'espace de séchage.

Comme le séchoir va servir à faire sécher des pâtes, il faut donc éviter de le traiter avec un vernis ou toute finition comprenant des substances chimiques représentant un risque pour la santé. Personnellement, j’ai utilisé l’huile de finition « Behandla » vendue par Ikea pour traiter les accessoires de cuisine en bois, cette huile contient notamment de l’huile d’abrasin et de l’huile de lin. On peut également utiliser de l’huile minérale (vendue en pharmacie) qui est très stable et contrairement aux huiles végétales ne rancit pas avec le temps. Dans tous les cas, il faut bien saturer le bois d’huile et essuyer le surplus qui restera en surface après quelques minutes. 

Voilà un beau projet pour tous les tourneurs de bois!  

P.-S. Pour voir la vidéo sur la fabrication du séchoir cliquez ICI


vendredi 6 décembre 2013

Décorations de Noël au tour à bois


Je ne sais pas si ce sont les origines allemandes de ma famille (l’ancêtre des Payeur d’Amérique, Christopher Bayer,  venait de la région de Hanau près de Frankfort) ou simplement mon cœur d’enfant, mais j’aime bien les rituels entourant le solstice d’hiver et la période de l’avent jusqu’à Noël. Au Québec, les traditions entourant cette période de festivité doivent beaucoup à l’apport combiné des Français, des Britanniques, des Irlandais et bien sûr des Allemands.  Ces derniers ont apporté avec eux le sapin de Noël et ses lumières (des chandelles au XVIIIe siècle), les couronnes de Noël, le calendrier de l’avent et bien d’autres traditions qui aujourd’hui sont intégrées à  notre « patrimoine festif ». Actuellement et jusqu’au 8 décembre, face à l’Hôtel de Ville de Québec,  il y a même un marché allemand, organisé en partie par la communauté allemande de Québec.

Pendant la période de l’avent, j’ai pris l’habitude,  depuis quelques années, de consacrer mon travail en atelier à la fabrication de petits objets pratiques ou décoratifs que j’offre en cadeau à mes proches.  C’est ma manière bien personnelle de m’inscrire dans l’esprit des fêtes et de me faire croire que je suis un peu comme le Nikolas du film « La véritable histoire du Père Noël » (titre original finlandais : Joulutarina du réalisateur Juha Wuolijoki) qui dans son atelier confectionnait des jouets de bois pour tous les enfants de son village de Laponie, un film magnifique à voir et à revoir !

La forêt enchantée

J’aime bien le tour à bois en décembre, car c’est l’outil idéal pour fabriquer différentes décorations de Noël... petits sapins, bonshommes de neige et boulles de Noël !  Le tour à bois est un outil magique,  car en partant d’un rondin de bois avec son écorce on peut réaliser toutes les étapes de fabrication jusqu’à la finition complète. De plus le tour à bois est un outil zen, car pendant le tournage d’une pièce vous devez constamment vous concentrer sur la position du ciseau, la moindre distraction peut ruiner la pièce ou blesser l’opérateur du tour!


Le sapin tourné demeure mon classique de Noël... Quand je dis « sapin » je devrais plutôt parler d’un conifère, car je m’amuse à faire varier les formes de ces petits arbres miniatures.  Sans plan trop précis, je tourne des rondins qui ont un diamètre variant entre 5cm et 10cm et d’une longueur de 8 cm à 24 cm.  Autant pour les sapins que pour les bonshommes de neige je commence toujours par dégrossir la pièce en tournant  ce qui ressemble d’abord à un gâteau étagé, un empilage de cylindres du plus grand à la base au plus petit au sommet  . Par la suite je donne une forme concave ou convexe à chaque étage en utilisant une plane oblique ou un grattoir arrondi.  Des heures de plaisir !  (voir aussi mon article du 26 novembre 2015 sur le Père Noël en bois flotté)

Réunion au sommet de bonshommes de neige !
Du rondin de bois jusqu'à la forme finale

Ce gâteau étagé en bois deviendra bientôt un bonhomme de neige...en bois!