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mercredi 12 juillet 2017

Nichoir à oiseaux



Je travaille le bois depuis près de 50 ans, mais assez étrangement je n’avais jamais construit un nichoir à oiseaux. J’ai fait mes premières armes à l’école primaire pendant le cours de menuiserie (réservé aux garçons ! les filles étaient initiées aux arts ménagers, autre époque !), mais la construction d'un nichoir n’était pas au programme malgré sa relative simplicité. Pendant ce cours nous avons réalisé :


  • Une planche à pain
  • Un petit marchepied
  • Un crucifix (autre époque !)
  • Une petite tablette de coin
  • Un coffret

Par la suite, j’ai travaillé le bois pour répondre à mes besoins du moment et plus tard à ceux de ma famille. Je dois avouer cependant que j’ai déjà bricolé pour les oiseaux dans le passé en réalisant trois mangeoires. Malheureusement, le bois n’est pas le meilleur matériau pour résister aux assauts du climat québécois et aux dents acérées des écureuils. Après trois mangeoires, j’ai compris qu’il valait mieux compter sur la robustesse des mangeoires métalliques dotées d’un système pour interdire l’accès aux écureuils, moins jolies mais plus efficaces ! Ce n’est que tout récemment après l’émondage sévère de notre énorme pin blanc (à la suite à deux épisodes de verglas) que j’ai senti le besoin de compenser la perte de belles branches par des éléments décoratifs et utilitaires. Les nichoirs se sont imposés tout naturellement, d’autant plus que je disposais d’une bonne quantité de retailles de cèdres après l’actualisation récente de notre patio.


Les plans de nichoirs ou de « cabanes à oiseaux » ne sont pas difficiles à trouver, ma bibliothèque publique possède de nombreux ouvrages sur le sujet et plusieurs sites web ornithologiques proposent des plans faciles à réaliser qui respectent les règles de l’art pour garantir un refuge sécuritaire aux oiseaux. Parmi celles-ci, j’en retiens quatre essentiels :

1.     L’ouverture doit varier entre 1 1/8’’  et 1 1/2 ‘’ (dimension la plus commune) en fonction de l’espèce que l’on souhaite attirer ;  
2.     On doit éviter d’installer un perchoir sous l’ouverture, car les oiseaux sont en mesure de voler directement dans l’ouverture sans se poser. Un perchoir est comme une invitation aux prédateurs ;
3.     Le nichoir doit être correctement ventilé (fente entre la toiture et les côtés du nichoir ou trous à l’arrière) et drainé (par des trous de quelques millimètres dans le fond ou en coupant ses coins à 45 o) ;
4.     On doit prévoir une trappe d’accès (sur le côté habituellement) pour nettoyer le nichoir en dehors des périodes de nidification.

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On peut voir, sur le nichoir de droite, que les angles de la planche de fond ont été coupés à 45o pour permettre le drainage du nichoir. De même,  les côtés ne touchent pas à la toiture afin de laisser une fente de ventilation de 1/4" x 4 1/2" 

J’ai finalement fabriqué deux nichoirs identiques avec mes chutes de cèdre en ramenant leur épaisseur à 3/4" à la raboteuse. En m’inspirant de plusieurs plans et de la contrainte d’utiliser les chutes de cèdres (à leurs dimensions !), j’ai dessiné le mien en utilisant le logiciel de modélisation Sketchup (voir illustration plus haut). Le résultat est très acceptable (voir photos), j’ai appliqué à l’extérieur des nichoirs une teinture à l’eau hydrofuge alors que l’intérieur est demeuré au bois.


lundi 3 août 2015

Drame aviaire dans mon arrière-cour!


Au début du mois de juillet, par une belle journée ensoleillée j’ai observé au sommet de l’une des haies de cèdres à l’arrière de notre maison le ballet incessant d’un couple de cardinals. Manifestement ce couple était en pleine période de nidification et leur va-et-vient trahissait la présence de leur nid enfoui profondément dans le feuillage vert foncé, à l’abri de la majorité des prédateurs. Discrètement et de loin, j’ai continué d’observer pendant quelques jours la régularité des entrées et sorties du couple de cardinals à travers les branches de la haie. Et puis un beau matin ce fut le drame! Au pied de la haie de cèdres, trois oisillons, sans aucun plumage, rendaient leur dernier souffle dans la pelouse. C’est avec la mort dans l’âme que nous avons placé dans un sac les trois petits cadavres en essayant toutefois de comprendre la nature du drame qui venait de se dérouler... Est-ce qu’un chat aurait réussi à grimper le long du tronc et aurait attaqué sauvagement le nid, des traces de griffes sur l’écorce du tronc principal de la haie semblait même étayer cette hypothèse.

Cardinal femelle



Cardinal mâle


À notre grande surprise, dans les jours qui ont suivi notre macabre découverte, nous avons continué d’observer le va-et-vient du couple de cardinals au sommet de la haie, comme si leur progéniture y était toujours... Est-ce qu’il y aurait un quatrième oisillon dans le nid qui aurait survécu au massacre? Ou est-ce que les cardinals ont l’habitude de sacrifier les oisillons moins vigoureux au profit d’un plus costaud? Nous voilà donc avec plus de questions que de réponses! Et puis par hasard, un après-midi j’entends un chroniqueur à la télévision parler du comportement parasitaire de certains oiseaux, dont le vacher à tête brune. Pas très sympa le vacher qui avouons-le, de la perspective humaine a un comportement vraiment... vache! Imaginez , non seulement le vacher pond son œuf dans le nid des autres espèces d’oiseaux, mais il laisse aux propriétaires du nid squatté le soin de nourrir son rejeton. Généralement plus gros et plus vorace que les oisillons du nid hôte, le jeune vacher croit plus rapidement, car il ouvre le bec plus grand s’accaparant de la majeure partie de l’offre alimentaire des parents fraudés. Le pire reste à venir : profitant de sa supériorité, le vacher juvénile n’hésitera pas à expulser les autres oisillons du nid afin de ramasser 100 % du butin alimentaire. Bingo ! Du coup je crois bien tenir l’explication du drame qui s’est déroulé deux jours plus tôt dans notre arrière-cour, du moins si j’arrive à apercevoir et à identifier formellement l’oisillon assassin qui squatte encore le nid des cardinals... Pas une mince tâche, car la haie fait presque 4 mètres de hauteur et le nid semble encastré profondément sous le feuillage. Ne reculant devant rien, muni d’un long escabeau et d’une lampe frontale, je profite de la noirceur et du sommeil de cette drôle de famille reconstituée pour tenter de localiser le nid. Après quelques minutes de recherche je découvre à quelques centimètres du sommet le fameux nid ou un seul oisillon gris, qui a déjà acquis la majeure partie de son plumage, ouvre un œil... difficile de l’identifier formellement, ce n’est manifestement pas un cardinal juvénile, mais était-ce un vacher à tête brune juvénile, les branches et le feuillage m’empêchaient de voir certains détails importants dont la couleur du plumage ventral.

Le vacher à tête brune juvénile(young Brown-headed cowbird) , s'alimentant au sol.



Les jours ont passé et autour du 15 juillet, j’aperçois au pied de notre mangeoire à oiseaux un petit oiseau gris au vol encore incertain qui préfère manger les graines tombées au sol. Je sors alors mon appareil photo, le 300 mm en batterie, je suis prêt à le mitrailler sous tous ses angles afin d’être en mesure de bien l’identifier... Rapdement je consule mon guide Peterson et les sites web ornithologiques qui me confirment hors de tout doute raisonnable que je suis bien en présence d’un vacher à tête brune juvénile, le même qui aurait squatté le nid des cardinals et « liquider » leur progéniture... Tout à coup il devient beaucoup moins sympathique à mes yeux, mais mon jugement est anthropomorphique, la nature ne porte pas ce genre de jugement! Par son comportement parasitaire, le vacher contribue à sa manière à régulariser la population des autres espèces d’oiseaux! Je m’interroge cependant sur l’aveuglement du couple de cardinals qui ont continué de nourrir un oiseau d’une autre espèce. D’autres espèces d’oiseaux sont beaucoup plus « conscients » de ce genre « d’invasions de domicile » et n’hésitent pas à foutre au bas du nid les œufs des squatteurs, mais visiblement, malgré sa belle robe écarlate, le cardinal souffre de myopie ou d’un sérieux déficit d’attention!!!  

dimanche 30 mars 2014

La faune de mon arrière-cour


Le jaseur boréal, un oiseau très "design" qui raffole des fruits du sorbier des oiseaux.

Chaque hiver, depuis un peu plus de trente ans, nous installons dans notre arrière-cour deux mangeoires à oiseaux. Pendant toutes ces années nous avons reçu un nombre équivalent d’espèces d’oiseaux, certaines comme les mésanges à tête noire, reviennent fidèlement chaque année, alors que d’autres, comme les gros-becs errants,  ne furent que de passage pendant deux ou trois hivers.  Je l’avoue bien humblement, avant l’installation de notre première mangeoire, je croyais qu’il n’y avait que deux espèces d’oiseau qui fréquentaient les hauteurs de Courville* : le moineau domestique et le merle d’Amérique! Imaginez seulement ma surprise lorsqu’une bande de gros-becs errants est apparue dans la mangeoire quelques heures après son installation ! Persuadé que nous étions en présence d’une espèce d’oiseaux exotiques dont la boussole interne était dérégulée, j’ai donc emprunté à ma bibliothèque le guide des oiseaux de l’Amérique du nord de Roger Tory Peterson, le bon vieux « Peterson » pour les intimes de l’ornithologie. Un monde venait de s’ouvrir à nous !  Il y avait dans notre environnement immédiat une faune aviaire dont nous ne soupçonnions même pas l’existence. En moins de six mois, j’ai appris plus de noms d’oiseaux que dans toute mon existence précédente. Après avoir renouvelé quelques fois le prêt du guide Peterson à ma bibliothèque, je l’ai finalement acheté afin de l’avoir constamment sous la main, non seulement pour identifier les oiseaux de notre arrière-cour, mais également pour accompagner nos balades en forêt et au bord de la mer avec les enfants.



Le gros-bec errant...une allure d'oiseau exotique ! (plus haut avec la femelle) 



La mésange à tête noire, la plus fidèle de notre mangeoire.


Le sizerin flammé fréquente la mangeoire en bande !


Notre première mangeoire est sortie de mon atelier,  car pour le bricoleur que je suis il n’était pas question d’acheter un bidule en plastique dans un magasin. J’ai donc « bricolé » un truc assez approximatif, car je ne connaissais rien dans la « science » de nourrir  les oiseaux.  Cette première mangeoire était donc accessible à tous les oiseaux, mais également à plusieurs petits animaux terrestres dont une horde d’écureuils noirs qui en quelques heures pouvaient en vider le contenu. Une deuxième version nettement plus esthétique et moins accessible remplaça la première après  quelques années. Cette mangeoire en cèdre était hexagonale avec une belle toiture en pointe, j’avais utilisé le plan d’un livre que j’avais  également emprunté à ma  bibliothèque. Fixée au bout d’un tuyau à 2 mètres du sol, elle fut hors de portée de la faune terrestre pendant quelques années, le temps que les arbres que nous avions plantés dans notre arrière-cour finissent par surplomber la mangeoire fournissant du même coup de véritables tremplins aux écureuils pour atteindre la toiture de la mangeoire.  Fabriqué en cèdre blanc, un bois tendre et imputrescible, ma pauvre mangeoire qui avait si bien résisté aux assauts de Dame nature pendant plusieurs hivers, fut finalement grignoté par les incisives des écureuils chapardeurs en deux hivers à peine.  C’est donc la mort dans l’âme que j’ai finalement remplacé la mangeoire de bois, par une mangeoire du commerce en métal.  Cette mangeoire est dotée d’un ingénieux mécanisme de fermeture des orifices d’alimentation pouvant  être calibré afin d’exclure les indésirables en fonction de leur poids, les écureuils bien sûr, mais également les étourneaux sansonnet dont l’appétit vorace peut vider une mangeoire et faire fuir tous les autres oiseaux.



Ma deuxième mangeoire de bois (ci-haut avec une tourterelle triste)...elle a résisté quelques hivers avant d'être attaquée sauvagement  par une bande d'écureuils noirs aux incisives tranchantes. Je l'ai finalement remplacé par une mangeoire du commerce en métal et dotée d'un système "anti-chapardeurs".  


Au fil du temps nous avons aménagé notre arrière-cour pour attirer des oiseaux tout au long de l’année. Après l’hiver,  les arbres, les fleurs et le jardin aquatique contribuent à leur tour à attirer les oiseaux, du colibri qui butine les fleurs jusqu’au merle d’Amérique qui aime bien faire ses ablutions quotidiennes dans la petite cascade du jardin aquatique. Aujourd’hui, nous pourrions difficilement vivre sans la présence des oiseaux.  Sans  pratiquer sérieusement l’ornithologie comme passe-temps, nous avons éveillé notre curiosité à la diversité des espèces qui nous entourent et à leur fragilité relative face aux bouleversements que l’activité humaine fait subir à leur environnement. Notre arrière-cour n’est pas immense, mais elle reproduit à son échelle ce que la nature offre aux oiseaux : refuge, nourriture, ombre, eau.  Je sais que plusieurs ornithologues  et naturalistes ne sont pas d’accord avec cette approche, mais je sais également que le secteur où nous résidons était un petit boisé il y a à peine 40 ans et que la progression du développement  résidentiel a contribué à réduire les habitats fauniques. Je perçois donc notre initiative comme une manière de compenser en partie cette perte d’habitat. 



Le cardinal (mâle plus haut et femelle plus bas), fréquente en couple notre jardin depuis quelques années seulement.
  
Le geai bleu, un amateur de biscuit et d'arachides, pas très fidèle cependant, apparaît et disparaît aussi rapidement.

Ma "gélinotte huppée" aperçue dans le pin blanc de notre cour à l'automne 2013.


En ordre alphabétique voici les oiseaux que nous avons observés sur une période de trente ans :

  1. Bruant à couronne blanche (parmi les plus fidèles)
  2. Bruant à gorge blanche (parmi les plus fidèles)
  3. Bruant familier (parmi les plus fidèles)
  4. Canard Colvert (observé une fois dans notre piscine)
  5. Cardinal (un couple nous fréquente depuis 5 ou 6 ans)
  6. Chardonneret jaune (abonné au jardin aquatique)
  7. Colibri à gorge rubi (abonné au jardin de fleurs)
  8. Corneille d’Amérique (au sommet de la toiture au printemps)
  9. Étourneau sansonnet (fin août en bande)
  10. Geai bleu (moins présent depuis quelques années)
  11. Gélinotte huppée (observé une fois dans un pin)
  12. Grand pic (observé une fois dans un poteau électrique)
  13. Gros-bec errant (disparu avec le développement immobilier du secteur)
  14. Jaseur des cèdres (en bande l’automne dans le sorbier des oiseaux)
  15. Junco ardoisé (parmi les plus fidèles)
  16. Merle d’Amérique (abonné à notre jardin aquatique)
  17. Mésange à tête noire (la plus fidèle de toutes !)
  18. Moineau domestique (pas si présent finalement !)
  19. Paruline des pins (présence en bande au printemps)
  20. Pic chevelu (abonné aux biscuits de gras et de graines)
  21. Pic flamboyant (apparitions occasionnelles)
  22. Pigeon (apparitions occasionnelles)
  23. Quiscale bronzé (aime bien vidanger leur nid dans notre piscine)
  24. Roselin familier (parmi les plus fidèles)
  25. Roselin pourpré (parmi les plus fidèles)
  26. Sizerin flammé (présence en bande au printemps)
  27. Tourterelle triste (parmi les plus fidèles, nidifie dans une épinette)
  28. Vacher à tête brune

Le Junco ardoisé, préfère manger les graines de tournesol qui tombent au sol ou sur la neige.
Le pic chevelu aime bien les biscuits de gras et de graines.

Le roselin familier, un autre habitué du jardin et de la mangeoire.



Et les drôles d’oiseaux...


Le plus sympathique des chapardeurs de mangeoires : l'écureuil roux d'Amérique.
Mignon tout de même !





























Une liste de nos chapardeurs: 

  1. Écureuil noir (très fidèle tout au long de l’année)
  2. Écureuil roux d’Amérique (très fidèle tout au long de l’année)
  3. Mulot (sous la neige l’hiver)
  4. Marmotte (plusieurs qui ont fait des ravages au jardin)
  5. Moufette (présence occasionnelle)
  6. Porc-Épic (un seul vilain qui a bouffé l’écorce de notre pin blanc)
  7. Rat (un seul, mais un gros qui a fini dans une trappe !)
  8. Tamia rayé (présence du printemps à l’automne)
* Autrefois une ville autonome, Courville est maintenant un secteur de l’arrondissement    Beauport de la Ville de Québec.