jeudi 8 août 2019

Bouclier médiéval





Il y a une trentaine d’années, j’avais fabriqué pour mon fils une épée et un bouclier de bois. Si l’épée a survécu à trois décennies, le bouclier est disparu sans laisser de trace. J’ai restauré l’épée et je l’ai offerte en cadeau à mon petit-fils, mais un chevalier sans bouclier demeure vulnérable aux assauts de l’ennemie ! J’ai donc décidé de refaire le bouclier, mais avec trente années d’expérience de plus je me disais que je pouvais sûrement améliorer le modèle. En effet, la première version avait été taillée dans une feuille de contreplaqué de 1/4’’ d’épaisseur, que j’ai courbé du mieux que je pouvais en utilisant les 2 membrures courbes qui servaient à supporter la poignée du bouclier. Le résultat était moyen, car le contreplaqué était trop rigide pour bien épouser la forme des membrures, et ce, même si j’avais pratiqué des rainures à mi-bois pour l’assouplir.


Pour réaliser la version 2.0 du bouclier, j’ai décidé de m’inspirer de la technique pour fabriquer un kayak en lattes de bois. J’ai donc construit un moule ayant la même courbure (le bouclier a 16’’ de largeur et le rayon de courbure est de 3’’) que le bouclier et j’ai préparé des lattes en pin de 3/8’’ d’épaisseur, de 3/4’’ de largeur et de 24’’ de longueur que j’ai ensuite collés (colle PVA extérieur) par les chants en les appliquant sur le moule. Le moule a été découpé dans un panneau de MDF de 1/2’’ d’épaisseur, des trous de 1’’ de diamètre ont été percés à espacement fixe près de la courbe afin d’y insérer les mors fixes des serre-joints. Une fois les lattes collées entre-t-elle j’ai taillé à la scie à découper la forme caractéristique en écu (rectangle se terminant en pointe vers le bas) du bouclier. Au moyen-âge le mot « écu » désignait d’ailleurs un bouclier !




Comme je l’ai mentionné précédemment, la poignée du bouclier se compose de deux membrures sur laquelle est fixé un goujon de 3/4’’ de diamètre et une courroie en cuir ou en fibres tissées. Le « chevalier » glisse son bras sous la courroie et vient saisir avec la main le goujon servant de poignée. Cette configuration permet d’avoir un bon contrôle du bouclier. Les membrures ont été taillées dans des planches de cèdre (bois léger) d’un pouce d’épaisseur, elles ont été collées (colle PVA extérieur) et clouées à la surface interne du bouclier. J’ai collé un coussinet (en minicell) sous le goujon pour protéger les jointures du chevalier !

J'ai d'abord collé les lattes de chaque moitié du bouclier et après j'ai collé des deux moitiés à l'aide de 2 serres à courroie. A l'aide d'un rabot et d'une sableuse j'ai rabattu les angles des lattes pour obtenir une courbe parfaite. 






Comme pour les chevaliers médiévaux, le bouclier est orné d’un signe héraldique distinctif. L’utilisation d’un signe distinctif sur le bouclier remonte à l’époque des croisades. Dans son encyclopédie médiévale, Eugène Viollet le Duc, précise que lorsque les armées occidentales partirent à la conquête du saint sépulcre, la nécessité de se distinguer de l’ennemie devint rapidement essentielle. Les croisées venant d’un peu partout en Occident, il était nécessaire d’identifier même de loin, qui était de votre côté ! Pour cette raison les signes étaient souvent simples et très colorés. Composés de figures géométriques au début des guerres saintes (triangles, croix, créneaux, damiers, etc.) les signes se sont développés au fil du temps et des animaux stylisés (aigle, dragon, canard, poisson, etc.) se sont ajoutés au vocabulaire héraldique. Pour le bouclier de mon petit-fils, j’ai choisi « l’aigle éployée » pour son lien avec les origines allemandes de ma famille (Bayer… devenu Payeur en Amérique) et surtout pour le côté flamboyant de cet aigle aux ailes grandes ouvertes ! La forme très stylisée de l’aigle avait toujours pour but d’être facile à identifier, même de très loin. 


L'aigle éployée, présentée dans le tome 1
de l'encyclopédie médiévale de Viollet le Duc
publié par Inter Livres, p.130.
Pour reproduire sur le bouclier « l’aigle éployée » que j’ai trouvée dans l’encyclopédie de Viollet le Duc, j’ai d’abord numérisé l’aigle (photo numérique en fait). Par la suite, j’ai utilisé Photoshop pour redimensionner l’image à la dimension souhaitée et l’imprimer en mosaïque sur 2 feuilles 11’’ x 17’’. Sur une planche à découper de la même dimension que mon image d’aigle, j’ai collé des bandes de papiers cache sur l’ensemble de la surface. J’ai ensuite fixé l’image sur la surface de papier cache. À l’aide d’une lame « exacto » j’ai fait le contour de l’aigle en m’assurant de découper à la fois la feuille et la couche de papier cache en dessous. Une fois le contour complété, il me suffisait de retirer le papier cache à l’intérieur de l’aigle pour obtenir un pochoir. Par la suite, j’ai décollé délicatement le papier cache de la planche à découper pour le recoller directement sur le bouclier. Avec une bombe aérosol rouge, j’ai appliqué trois couches de peinture. Au préalable, j’avais vaporisé une couche de fond (gris métallique) sur toute la surface du bouclier. La face intérieure du bouclier a été peinte en blanc.


Un chevalier sans peur et sans reproche, prêt au combat !! 





mercredi 26 juin 2019

Brouette pour enfants




Le lègue de la brouette….

Il est difficile d’imaginer qu’un outil aussi essentiel que la brouette soit apparu si tardivement dans l’histoire de l’humanité! En effet, cet outil de transport sur de courtes distances serait apparu bien après la construction des pyramides d’Égypte, soit au premier siècle après Jésus-Christ, quelque part en Chine. La brouette repose sur une technologie simple et efficace : une roue, un châssis (servant de levier), des pieds et une cuve pouvant contenir une charge. Le mot brouette serait un dérivé du latin « birota » qui signifie véhicule à deux roues. Bien qu’il existe encore aujourd’hui des brouettes à deux roues, la majorité d’entre elles n’en ont qu’une seule située au centre et à l’avant du châssis. Si l’histoire de la brouette vous intéresse, il y a un très bon article sur Wikipedia:https://fr.wikipedia.org/wiki/Brouette.

Mais pourquoi cet intérêt soudain pour… la brouette ! En fait, c’est encore une histoire de famille. Ma tante Aline qui a maintenant 101 ans m’a donné une vieille brouette en bois que son père (mon grand-père maternel) lui avait construite lorsqu’elle était enfant. La brouette était bien sûr adaptée à la taille d’un enfant avec une roue de 10’’ de diamètre et une hauteur de 16’’ au niveau des pieds. La pauvre brouette centenaire (ou presque !) était  dans un bien piteux état, puisque dans ses dernières années elle servait de boîte à fleurs, accélérant la putréfaction de ses pièces. En la récupérant, un des pieds a d’ailleurs cassé, miné par la pourriture. Ma tante Aline aurait souhaité que je la lègue à ma petite-fille, mais son état avancé de dégradation interdisait toutes formes de restauration.  

Châssis de la version originale (circa 1930)

Les pieds se prolongent au-dessus

du châssis  pour supporter les
côtés de la cuve.
La cuve a servi de boîte à fleurs dans les dernières années.


Une roue un peu mince pour les terrains accidentés !
Remarquez la tige de métal au-dessus de la roue, elle 
s'attache sur les côtés pour contreventer la cuve.


Pour que ce patrimoine artisanal ne tombe pas complètement dans l’oubli, j’ai donc décidé de fabriquer une nouvelle version de la brouette, en respectant la structure de celle de mon grand-père. La nouvelle version a donc la même longueur (48’’) la même largeur au niveau des poignés (19’’) et la même largeur au niveau de l’essieu de la roue (11’’). Comme dans la version originale, les pieds de la nouvelle version se prolongent au-dessus du châssis pour supporter les côtés de la cuve, cette dernière est ouverte à l’arrière et fermée à l’avant par un panneau incliné à 15 o. 

La version originale était probablement entièrement en pin, un bois facile à travailler, mais avec une faible capacité structurelle et une faible résistance à la pourriture. Si cette brouette a traversé le temps, c’est sans doute en raison du fait qu’elle fut conservée dans un bâtiment une bonne partie de son existence et qu’elle a été repeinte périodiquement. Tirant des leçons de la première version, j’ai donc décidé d’utiliser le chêne rouge pour le châssis et le cèdre de l’ouest pour la cuve. Si le cèdre peut bien vieillir à l’extérieur, il en va autrement du chêne rouge qui malgré ses grandes qualités structurelles finira par se dégrader à l’extérieur sans une protection adéquate. J’ai donc choisi d’appliquer un vernis marin sur l’ensemble du châssis. Pour la cuve, j’ai choisi d’appliquer une teinture à base d’huile sur le cèdre, surtout pour qu’il conserve une belle couleur et pour le rendre hydrofuge.

L’assemblage des 2 traverses aux 2 longerons du châssis a été réalisé par tenons/mortaises collés à la colle uréthane, résistante à l’humidité. La même colle a servi à laminer les planches de cèdre qui composent le fond, les côtés et l’avant de la cuve. Les pieds de la brouette ont été réunis au châssis par un boulon, une rondelle et un écrou autobloquant de 1/4’’ en acier inoxydable. Toutes les pièces de la cuve ont été vissées au cadre et entre elles par des vis à bois en acier inoxydable (la version d'origine était simplement clouée et les clous ont rouillé contribuant également à la dégradation du bois).




La roue demeure bien sûr l’élément essentiel de la brouette. La version d’origine comportait une petite roue à rayons de 11’’ de diamètre avec un pneu plein de 3/4’’ de largeur. L’étroitesse de la roue limitait cette brouette à rouler sur des surfaces dures ou à transporter de faible charge. Pour cette raison et même si la nouvelle version est destinée à mes petits enfants, j’ai décidé de la rendre un peu plus tout-terrain puisque le terrain de jeu de mes petits-enfants est à la campagne dans un espace de plusieurs acres parsemés de petits sentiers, de ruisseaux, de boisés et de dénivelés variables. J’ai donc acquis un pneu de diable de 10’’ de diamètre et de 3 1/2’’ de largeur. Le pneu comporte une jante en acier montée sur un essieu de 5/8’’ de diamètre. J’ai taillé l’essieu (11’’ de long) dans une tige d’acier et j’ai percé des trous de 3/16’’ de diamètre de part et d’autre de l’axe central de la jante afin d’y insérer deux goupilles pour que la roue demeure bien au centre du châssis de la brouette (essentiel pour son équilibre!). L’essieu est attaché au châssis de la brouette avec des boulons en U de 5/8’’, du solide !!!



J'ai éliminé la tige de contreventement de
la version originale en utilisant un 
panneau de façade  plus épais que les
côtés (vissés après la façade) 



Les 2 longerons et les 2 traverses du châssis

 ont été assemblés avec des tenons et mortaises
(avec un angle de 5o)

Une petite brouette qui a un petit côté décoratif, mais elle ne doit pas servir de boîte à fleurs !


En apparence très simple, ce projet soulève cependant quelques défis au niveau des angles, car rien n’est vraiment à angle droit dans une brouette ! Le châssis d’abord, qui est de forme triangulaire, les pieds qui se prolongent au niveau de la cuve et qui donne un angle de 5 o aux côtés et finalement toutes les pièces de la cuve qui s’incline également de 5 o. Il faut donc être vigilant au moment du découpage des pièces ! Comme une brouette est également un outil de levage, sachez qu’il y a de belles équations mathématiques pour optimiser la longueur et l’angle des bras du châssis, le diamètre de la roue, l’emplacement de la cuve et de sa charge sur le châssis, etc. Mais comme il s’agit plutôt d’une brouette pour s’amuser, je dois admettre que j’ai suivi l’instinct de menuisier de mon grand-père pour la réaliser ! 

mercredi 12 juin 2019

Planche à découper pour roulotte




Ce nouveau projet visait à répondre à un besoin spécifique lié à l’utilisation de notre nouvelle roulotte, mais il peut facilement s’adapter à d’autres roulottes qui ont le même type de cuisinière encastré au propane avec (ou non) couvercle. Cette surface à découper en bois lamellé permet d’agrandir l’espace de travail du comptoir lorsque la cuisinière n’est pas utilisée, pendant la préparation des repas et après, pour laver la vaisselle ! Si vous êtes un habitué de ce blogue, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’avec mes nombreux projets j’accumule après chacun des chutes de bois de différentes essences. Comme les quantités et les longueurs varient, il est parfois difficile de reclasser ces chutes dans un autre projet. La fabrication de petits objets en bois constitue donc la meilleure manière de faire baisser cet inventaire. Compte tenu du prix de ces essences, vous conviendrez que ce serait un véritable sacrilège d’utiliser les chutes comme bois d’allumage pour le foyer !




En fouillant dans mon inventaire, j’ai retrouvé suffisamment de noyer noir, de cerisier tardif et d’érable ondulé pour me fabriquer une planche à découper en lamellé de 15 3/4’’ de profondeur par 20’’ de largeur. Cette dimension me permet de recouvrir entièrement la cuisinière à 2 ronds au propane de marque Domotic. Pour alléger la planche, j’ai décidé d’en limiter l’épaisseur à 5/8’’, car le poids dans une roulotte demeure une préoccupation constante afin d’en respecter les capacités de charge. La planche est bien sûr un peu plus large et un peu plus profonde que la cuisinière, car elle doit prendre appui sur la surface du comptoir adjacent. Comme la cuisinière est légèrement plus haute que la surface du comptoir, j’ai décidé d’installer sous le contour de la planche à découper des butés en silicone. Ces butés sont vissés aux quatre coins de la planche. Normalement ces butés servent pour amortir la fermeture de portes sur un mur (disponible dans les bonnes quincailleries [voir photo]. En plus de soulever la planche de 1/2’’ par rapport au comptoir ils servent également à la stabiliser puisqu’ils sont antidérapants, très pratiques également pendant les déplacements de la roulotte.





Le lamellé de bois n’est pas très complexe à réaliser par un ébéniste amateur, mais une certaine précision est de rigueur pour s’assurer d’un jointage de qualité. Après avoir passé le chant de chaque planche sur la dégauchisseuse, j’ai découpé les pièces de 3/4’’ du lamellé au banc de scie. Avec une lame bien affûtée, il est possible d’obtenir des pièces qui seront directement utilisables pour le collage. À ce stade, les pièces sont aussi épaisses que larges, car la planche complète devra être passée à la raboteuse d’épaisseur pour assurer un nivelé parfait. Comme ma raboteuse a une capacité en largeur de 12 1/2’’ [et la planche : 15 3/4’’] j’ai donc choisi de procéder en collant deux moitiés de planche, de les raboter séparément puis de les coller ensemble. Il est plus simple d’aligner au collage 2 moitiés de 8’’ que 20 pièces de 3/4’’ !!! Pour le collage, j’utilise des serre-joints tuyaux et des compresseurs de surface artisanaux [voir illustration ci-haut].



La finition se compare à celle de toutes planches à découper, un chanfrein de contour taillé à la toupie, un sablage [grade 120 puis 220] et une bonne saturation de la surface avec une huile minérale de grade alimentaire [personnellement j’utilise l’huile Skydd de Ikea, au début il faut donner 2 couches à 24 heures d’intervalle puis au besoin en fonction de l’usage].









dimanche 10 février 2019

Tablettes triangulaire







Ce projet n’est pas vraiment une création, l’inspiration de départ venant d’une tablette du même type que ma fille avait achetée dans un commerce de décoration intérieure. Par la suite, j’ai trouvé de nombreux exemples sur le site de Pinterest. Le projet tombait bien, car j’avais une petite balance de planches de noyer noir (d’un autre projet) qui était insuffisante pour construire un petit meuble, mais suffisante pour fabriquer de petites tablettes flottantes. A priori ce projet paraît très simple : former un triangle équilatéral avec trois planches ! La difficulté vient plutôt de l’assemblage afin de ne rien laisser paraître (l’enfer est toujours dans les détails de finition !), surtout pas des têtes-de-clou ou de vis ! La méthode la plus élémentaire consiste simplement à coller les 3 angles de 60 o en utilisant des sangles pendant que la colle durcit, mais elle est risquée, car les angles extérieurs de 120 o rendent difficile le positionnement précis des 3 joints qui auront tendance à glisser. Une autre méthode simple consiste à coller les angles et de les clouer avec une cloueuse de finition qui va noyer les têtes-de-clou, en ne laissant qu’une faible cicatrice à la surface du bois (que l’on pourra toujours faire disparaître avec une cire de remplissage de la couleur du bois). Mais là aussi, il y a des risques, car l’angle extérieur rend le positionnement de la cloueuse délicat pour que les clous ne fendent pas les planches ou ne les traversent de part en part. Bref, vous comprendrez que j’ai plutôt opté pour une méthode d’assemblage qui me permettait à la fois d’assurer une stabilité des 3 joints, sans compromettre la qualité de la finition. 




J’ai fabriqué deux tablettes, l’une simple et l’autre double (deux triangles tête-bêche et décalés l’un par rapport à l’autre, voir le plan). La tablette simple a été assemblée avec des biscuits No 10 (et de la colle bien sûr!) et des vis dissimulées sous les ailettes d’accrochage (voir plan). La tablette double a été assemblée uniquement avec des goujons rainurés de 1/4’’ de diamètre. Comme les tablettes étaient destinées à recevoir des « débarbouillettes » (pour mes cousins Français parlons plutôt de gants de toilette… elles nous manquent d’ailleurs lorsque nous visitons l’Europe !!!) les planches de noyer ont été ramenées à 5 1/2’’ de largeur ce qui permet de recevoir des débarbouillettes roulées (voir photos). Comme il est impossible de couper un angle de plus 50 o sur une scie à onglet, j’ai donc décidé de couper l’extrémité de chaque planche à 30 o ce qui m’a permis d’obtenir trois angles intérieurs de 60 o et donc un triangle équilatéral. Cette façon de faire permet aussi de faciliter l’utilisation des biscuits et des goujons puisque leur angle d’entrée est toujours de 90 o d’un côté et de 30 o de l’autre (voir illustration). 

Tablette qui ajoute un élément décoratif à une salle de bain.


La finition des deux tablettes fut assez simple : après un bon ponçage au papier 220, j’ai donné une couche d’huile de lin bouilli pour faire ressortir le caractère du noyer noir et deux couches de cire d’abeille complétées par un polissage à la main.

mardi 25 décembre 2018

Maison de poupées



Lorsque ma petite-fille manifesta le désir d’obtenir une maison de poupée, grand-papa ne pouvait demeurer les bras croisés en espérant que les lutins du père Noël exaucent son vœu. Je devais donc relever ce défi qui illuminerait les yeux de ma petite-fille, car après tout une maison de poupée est une construction de bois et le bois demeure mon médium préféré ! 

Une maison de poupée doit être élaborée non pas comme une maquette, mais plutôt comme le décor d'une pièce de théâtre pour poupées ! Elle vise à mettre en scène des poupées qui permettront à l’enfant d’y développer son imaginaire en élaborant des rôles et des histoires. Ma petite-fille ayant hérité de la collection de Barbies de sa mère (et de tantes !), le projet devait donc s’adapter à l’échelle de 1/6e de la Barbie et de ses accessoires, ce qui peut occuper un espace assez imposant si l’on multiplie les pièces.

Comme la Maison de poupée est d’abord un « théâtre » où l’enfant est à la fois le metteur en scène et le spectateur, cette dernière est généralement présentée en plan coupe permettant de voir d’un coup d’œil tous les étages et toutes les pièces de la Maison. Cette configuration permet également de faire circuler facilement les poupées d’une pièce à l’autre et d’un niveau à l’autre. Elle présente toutefois un inconvénient, surtout à l’échelle 1/6e de la Barbie, car en alignant toutes les pièces sur un seul plan la Maison finit par occuper une grande surface murale dans la salle de jeu ! Par ailleurs, cette configuration ne permet pas de mettre en valeur l’extérieur de la maison, car il se trouve constamment derrière la scène principale, souvent adossé au mur de la salle de jeu. J’ai donc décidé de revoir le concept pour que la maison puisse se transformerfacilement et que l’extérieur soit mis en valeur au gré des jeux de l’enfant.




Trois aimants circulaires (commandés 
chez Lee Valley) permettent l'alignement 
des deux sections de la maison.  
Après de nombreux croquis, j’ai finalement décidé de concevoir la maison comme un coquillage qui s’ouvre par le centre pour dévoiler son intérieur. La maison est donc divisée en deux coquilles qui une fois refermées sur elles-mêmes permettent de voir la totalité du volume extérieur de la maison, du coup la maison est plus compact tout en devenant un élément décoratif dans la salle de jeu. Les deux coquilles de la maison n’ont pas de charnière ou autres liens mécaniques, à la limite elles pourraient donc constituer deux maisons une fois séparées. Des feutres (feltacs) sous chaque coquille permettent de les déplacer facilement (même par un enfant !) sur un couvre-sol dur. La façade arrière de chaque coquille est lisse et dispose de 2 ouvertures (pour le passage d’une pièce à l’autre), en collant ces façades on reconstitue donc la « scène théâtrale » de la maison de poupée qui comporte 6 pièces distinctes en incluant les combles. Trois aimants facilitent l’alignement et la retenue des deux sections de la maison. 

À l’extérieur, la maison a un style « vaguement » victorien, souligné par quelques éléments comme les chaînages aux coins avec leurs harpes en pierres taillées (quining en anglais) et par la toiture du porche supportée par trois poutres horizontales en saillies. Les murs et les planchers de la maison ont été taillés dans une feuille de fibre de bois (MDF) de 1/2’’ d’épaisseur (voir plan de découpage) les moulures, les chaînages et autres éléments décoratifs ont été fabriqués en pin et en chêne. Pour donner l’aspect du stuc aux murs extérieurs, j’ai utilisé une peinture en aérosol beige au fini texturé (Krylon natural stone). J’ai souhaité donner l’aspect des bardeaux d’asphalte aux toitures en utilisant le même type de peinture texturé, mais de couleur granite.


À l’intérieur les planchers ont simplement été vernis en conservant la couleur brune du MDF, alors que les plafonds ont été peints en blanc. Tous les murs ont été recouverts de tissus encollés (merci à ma conjointe !!)  rappelant des tapisseries. L’ameublement des pièces est une combinaison d’artisanat et d’accessoires Barbie achetés en grande surface. Les éléments que j’ai fabriqués sont les suivants :





  1. Le comptoir et l’évier de la cuisine
  2. L’armoire murale de la cuisine et son éclairage
  3. La table de la salle à manger
  4. Le lit de la chambre à coucher
  5. La toilette de la salle de bain
  6. Une table d’appoint ronde au salon






La plupart de ces éléments ont été réalisés avec des assemblages de petites pièces de bois. La toilette a été sculptée dans 2 pièces de bois (la cuve et le réservoir) et peinte en blanc, la clenche du réservoir a été taillée dans une garniture de plastique et collée.


Le comptoir, l'armoire murale et la table de salle à manger sont fait main. Les chaises sont en fait des crochets muraux décoratifs vendu chez Ikea, leur échelle est très près du 1/6e. Le four est un accessoires Barbie vendu dans un magasin de jouets.  Sous l'armoire murale j'ai collé une petite bande de lumières DEL alimentée par un transformateur 12v DC (l'ensemble ne dégage aucune chaleur, même après 24h d'ouverture).


Les plans de la maison ont été réalisés sur stekchup à l’échelle 1/6e (voir plan plus bas). Les ouvertures des fenêtres et des portes ont été découpées à l’aide de gabarits et d’une toupie à base plongeante. Les différentes sections de la maison ont été clouées (cloueuse, clous de 1’’) et collées avec une colle PVA. Les moulures extérieures et intérieures ont été collées.





Une fois les murs découpés, dans une feuille de MDF de 1/2",  j'ai collé (avec de la colle PVA) les moulures de chêne autour des embrasures de fenêtre . 



Des croisillons en chêne ont été collés à chaque fenêtre, ici la précision s'impose afin que les croisillons exercent une certaine pression sur l'embrasure des fenêtres, leur solidité en dépend.


Installation pour la peinture en aérosol des murs extérieurs. Du papier cache protège les moulures des fenêtres. 






La fabrication des chainages imitant la pierre de taille (harpe) sur les coins des murs extérieurs a été réalisé au banc de scie et une lame à dado de 3/4''. Les créneaux ont été taillés dans une planche de pin qui a ensuite et refendu en tranche mince de 1/8''. Les chainages ont été peints en gris et collés avec de la colle à moulure (colle "no more nails" de Lepage)



Peinture de la porte d'entrée.
Collage de la toiture avec la colle "no
more nails" de Lepage.
























Grand-maman a ajouté sa touche personnelle: 
une couronne de Noël brodée !