mercredi 17 juillet 2013

LA KANANASKIS EN RAFT !

Une bien drôle d'idée de se lever à 6h30  pour aller jouer dans l'eau froide. Je n'ai rien d'un "wildman" ou du gars qui s'entraîne pour faire une compétition "d'iron man". En effet, je suis plutôt du genre qui aime son confort et à attendre que les rayons du soleil aient suffisamment réchauffé le "terrain de jeu" avant de m'élancer.  Mais là difficile de reculer, mon gendre Martin a tout organisé et nous a inclus dans un groupe de jeunes Britanniques, membres d'une équipe de rugby, qui feront la descente de la Kananaskis  en même temps que nous mais sur d'autres canots pneumatiques. Nous aurons l'immense privilège d'avoir Martin comme guide dans notre propre canot. C'est un senior dans le domaine il est guide de rafting depuis 7 ans chez Canadian Rockies Rafting et il est très expérimenté. Martin a intérêt à bien manœuvré car dans la même embarcation il y a son  fils Félix accompagné de sa grand-mère maternelle et de ses deux grands-pères ( grand-papa Michel nous a fait la surprise d'une petite visite, l'espace d'un week end). Mais Martin qui connaît bien la Kananaskis nous affiche le sourire du pro en total maîtrise....les vieux et le plus jeune sont donc très confiants que la descente sera une vraie partie de plaisir !

   Martin notre "raft guide" et son fils Félix aux installations de Canadian Rockies Rafting à 
   Morley.

Nous allons cueillir grand-papa Michel au Ramada de Canmore et nous prenons la transcanadienne en direction de Morley, à l'est de Canmore.  Près du casino du peuple Nakoda, il y a un petit bâtiment construit autour d'un grand conteneur métallique qui contient tout l'équipement nécessaire pour faire de nous d'authentiques rafteurs: combinaisons et bottillons isothermiques en néoprène, vestes imperméables, vestes de flottaison et casques de sécurité. Au diable la pudeur, tout le monde en petite tenue pour enfiler le kit du parfait rafteur !  Je constate avec un certain plaisir que plusieurs des  jeunes Britanniques (en moyenne 17 ans) sont plus enveloppés que les deux grands-pères de Félix qui approchent pourtant la soixantaine...le complexe de la petite bedaine tombe donc assez vite, surtout lorsque nous remontons la fermeture éclair de la combinaison isothermique qui agit comme une gaine sur les petites poignées d'amour ! Nous sommes enfin parés et prêts à partir. Deux petits autobus scolaires viennent nous cueillir près du casino pour un trajet d'une quinzaine de minutes vers notre point de départ sur la rivière. Nous dessendons des bus en récupérant au passage sur une remorque,  la pagaie qui nous servira durant notre éclaboussante randonnée sur la rivière.

    Les instructions de sécurité autour d'un pneumatique avant le grand départ.

Après un très court trajet à pied, nous arrivons enfin près des canots pneumatiques où les guides nous donnent les dernières instructions avant de glisser dans la rivière. Assez simple comme instructions, qui se résument en quatre commandements de notre guide:  Forward :  pagayez pour avancer ; Backward: pagayez pour reculer; Hang on: agrippez-vous au bordage et serrez-vous les uns les autres en direction du centre du canot; Relax: cessez de pagayez et admirez le paysage. Notre canot est un peu moins occupé que les autres, Martin a pris soin de constituer un équpage plus familial, car en dehors de notre propre "clan" une seule autre famille de trois personnes venant du Texas occupe les autres places de notre pneumatique rouge.  Martin pousse notre embarcation et nous glissons vers le centre de la rivière où nous attendent 4 autres pneumatiques. Les jeunes Britanniques ont déjà commencé à déconner un peu en utilisant des pompes à eau pour débuter une bataille navale amicale. Rapidement nous les devançons car notre équipage est nettement  plus discipliné et obéit au doigt et à l'oeil au capitaine Martin. Félix, du haut de ses trois ans et demi contemple la scène sans broncher, il admire la performance de son père, seul maître après Dieu dans notre navire gonflé à bloc!

   Un tandem complice, le père et le fils... les autres n'ont qu'à bien se tenir !

Encore une fois, nous pouvons constater les dégâts occasionnés par la cru du 20 juin dernier. Certains méandres ont disparus,  la rivière ayant emprunté des raccourcis en  creusant la terre et en déplaçant roches et arbres au passage. Les encrages d'un pont suspendu et d'une tyrolienne ont été arrachés, les portes d'un parcours de kayak de rivière ont également été emportées par la rivière en furie. Mais la beauté du paysage fait rapidement oublier ces quelques cicatrices du déluge, ce n'était pas la première fois que la Kananaskis s'emballait et sûrement pas la dernière. N'oublions pas que nous sommes au pays des Rocheuses, là ou le mot "extrême" prend tout son sens !

Notre capitaine enchaîne les commandements: " forward...keep going...and relax..forward and...relax....hang on, hang on!  and relax!....la première moitié du parcours est plus mouvementé, il y a de bons rapides et de petits seuils que nous franchissons avec aisance. Du côté des jeunes Britanniques le manque de discipline à bord provoque quelques renversements de pneumatiques, sans doute provoqué volontairement, car le parcours n'a rien de très technique. Certains des jeunes joueurs de rugby, ont sauté à l'eau pour le plaisir, mais l'eau de la rivière n'est pas à la température des mers du sud et très rapidement ces derniers réclament d'être remontés à bord malgré leur protection isothermique. De notre côté, nous nous amusions de la scène  pendant que nous écoutions l'épouse du couple texan nous raconter l'épisode où un lynx  (bobcat) est entrée dans leur cuisine (près de Houston) par la trappe qui servait à leur chien pour entrer et sortir de la maison, gros dégâts dans leur cuisine quand le Lynx a paniqué en ne retrouvant plus la sortie ! 


   Un peu froide la baignade dans la Kananaskis même en combinaison isothermique.

La deuxième portion de la rivière était nettement moins mouvementée, nous étions plus sur le "relax" que sur le "forward" ! Nous nous sommes laissés emportés par le courant jusqu'à notre point de sortie de rivière,  après un parcours de 8 kilomètres, d'une durée d'un peu plus d'une heure.  Go!  On remonte les pneumatiques sur le rivage où nous attendent déjà les deux autobus pour le retour à Morley...organisation impeccable et professionnelle jusqu'à la fin !...Le clan familial se retrouve finalement pour dîner au resto du casino Nakoda/Stoney. Une autre activité à cocher dans notre carnet de voyage !

   Les équipages flottent doucement vers le point de récupération sur la rivière.

   La flèche jaune indique la position de l'auteur de ce blogue dans le pneumatique.

    Nous avons traversé le rapide avec succès....grand-papa Michel au premier rang à 
    gauche avec le casque blanc.




samedi 13 juillet 2013

Rencontre du troisième type...entre franco de la Bow!

Tous les jeudis entre le 13 juin et le 19 septembre, de 10h à 18h, sur la 7e avenue à Canmore, entre la 10e rue et Main Street, de petites tentes blanches et des étals remplacent les voitures. C'est le marché public de Canmore qui propose aux passants, en plus des fruits et légumes en provenance de la vallée de l'Okanagan et de l'Alberta, différents aliments et produits artisanaux. J'ai fréquenté Canmore plus souvent à d'autres saisons que l'été,  si bien que j'ai été agréablement surpris par la progression de ce sympathique petit marché. Il demeure petit, mais son offre est de plus en plus diversifiée.  J'apprécie que les piétons puissent envahirent la chaussée dans cette ville où les véhicules moteurs sont toujours très présents. Espérons que le succès du marché encouragera la Ville de Canmore à agrandir son périmètre dans les prochaines années !  



   Le marché public de Canmore, à chaque jeudi sur la 7e avenue.


Nous voilà au milieu des étals sur l'heure du midi, nous nous laissons tenter par un panier de "mix-berries" ...bleuets, framboises et cerises et un peu plus loin on apperçoit un Tintin grandeur nature dessiné sur un panneau de contreplaqué qui annonce des "belgian waffles". Nous prenons aussitôt  la direction du célèbre reporter Belge, pour découvrir, sous un autre petit chapiteau blanc une jolie rouquine qui avec ses deux jeunes enfants alimente à bonne cadence deux "moules à gaufres" (...un des jurons préférés du capitaine Haddock !). Je m'approche: "Hi, two waffles please !"... Je suis démasqué instantanément par mon accent par la jolie rouquine, qui avec son plus beau sourire me demande : "Est-ce que vous voulez vos gaufres chaudes ou un peu tièdes ?"  Non ! Elle n'était pas Belge malgré l'épinglette du drapeau Belge sur le revers de son chandail, simplement une autre Québécoise résidente de la Bow Valley et plus précisément de Banff.  Je lui raconte notre histoire, notre fille qui demeure à Canmore depuis.... et bla bla bla... Elle nous demande son nom:  Amélie et elle répond: " Ha oui l'artiste ! Celle qui fait du "face painting"  (maquillage) !  Je  suis flaté, ma fille est une célébrité dans la communauté francophone de la Bow Valley  et pour une occupation qui demeure pour elle un passe-temps. Nous engageons un peu plus la conversation et par la suite nous allons grignoter notre gaufres à l'ombre, car il fait chaud aujourd'hui sur la 7e avenue.

   Tintin nous a invité à déguster des gaufres liégeoises !

Décidément c'était notre journée de rencontre francophone, car peu avant notre incursion au marché, nous avions rencontré un couple de Québécois de la région de Montréal à la boutique Sugar Pine (qui malgré son nom ne vend aucune sucrerie, c'est une boutique de tissus et d'accessoires de couture).  Nous étions à l'étage de la boutique et nous entendons au travers des piles de rouleaux de tissus :  "Crois-tu qu'elle va aimer ça ?"... pas de doute sur la signature sonore, nous sommes bien en présence  "d'Homo-Quebecensis-pure-laine"...  La conversation s'engage et nous apprenons que ce couple est en visite chez leur fille qui habite Calgary et qu'ils étaient au Stampede la veille...Tient tient un autre sentiment de déjà vue ! Avec la quantité de jeunes du Québec qui sont venus s'établir dans l'ouest  au fil des ans, ces rencontres, entre parents de jeunes "expatriés" seront sans doute de plus en plus fréquentes !

jeudi 11 juillet 2013

Vol au-dessus d'un nid d'aigle

Il est 11h10, nous venons d'entrer chez ma fille, cette dernière affiche un grand sourire et nous demande: "Vous n'avez pas d'objection à dîner un peu plus tard aujourd'hui ? disons après 13h....j'ai une surprise pour vous à midi pile !" Elle installe le questionnement dans nos têtes.... Ma fille est la championne des surprises, on peut donc s'attendre a tout. La veille elle nous avait parlé de l'un de ses amis qui organisait des excursions pour observer les grizzlis dans leur habitat, était-ce celà ? Non, impossible !  Pas pour une heure et sûrement pas en milieu de journée où les grizzlis ont plutôt tendance à se cacher du soleil et à roupiller dans un coin sombre...Une sortie en rafting ? Non plus, car déjà cochée dans notre carnet d'activités...le mystère s'épaississait !  Vers 11h30 elle nous demande de la suive en voiture. Nous quittons son quartier et nous nous dirigeons vers la Bow Valley Trail en direction de l'est dans le même secteur que notre terrain  camping à 2 kilomètres de chez elle... à peine quelques centaines de mètres après le camping le clignotant de sa voiture nous signale un virage à gauche....Nous nous engageons dans le stationnement de l'héliport de la compagnie "Alpine Helicopters"... Serions-nous sur le point de réaliser un vieux rêve, celui de survoler les Rocheuses en hélicoptère ?  Une fois stationné ma fille me confirme avec son plus beau sourire qu'elle nous a "booké" un vol de 35 minutes en direction du Mont Assiniboine qui culmine à 3616 mètres d'altitude... Stupéfaction, je comprends maintenant pourquoi elle a insisté pour que j'apporte mon appareil photo...Nous sommes sous le choc de la surprise,  comme figés !  

   Notre hélicoptère, un Bell 407, sur le tarmac de l'héliport , très endommagé par le 
   débordement du Cougar Creek.

    10-4 ... Nous venons de décoller et tout va bien... pour le moment !

   Nous survolons la "Bow Valley" et la fameuse rivière Bow au centre, celle qui a inondé la 
   transcanadienne, le chemin de fer et quelques jours plus tard Calgary plus à l'est. 

Pas le temps de figer longtemps, le moteur de l'hélico tourne déjà et le pilote complète son check list. Pendant ce temps nous sommes invités à visionner un court vidéo sur la sécurité et la manière d'embarquer et de débarquer de l'appareil...en baissant la tête, car le rotor tourne déjà  !!! Pas de traînerie, on nous attribue rapidement un numéro de place et nous nous dirigeons sur le tarmac en suivant un tracé jaune au sol. Nous sommes 5 passagers et le pilote à bord, j'occupe la place derrière le siège du pilote. Une fois à bord on boucle la ceinture et on enfile le casque avec microphone qui nous permettra de communiquer entre nous et avec le pilote.  Ce dernier est dans la jeune trentaine, mais semble très compétent et n'est pas avare de commentaires. Face à moi, un américain de San-Francisco, son épouse et sa jeune fille sont les autres passagers du vol. Je lui explique que nous venons de la Ville de Québec  et que nous parlons français....surprise, il se met à me parler en français, je comprends que son épouse, qui a la chance d'être assise au côté du pilote  est française d'origine. Pendant le trajet elle va d'ailleurs s'amuser à nous traduire certaines explications du pilote parfois difficile à comprendre en raison du bruit ambiant.

   Un des sommets à l'approche du Mont Assiniboine

Contrairement à un avion un hélicoptère décolle à la verticale et contrairement à un avion l'hélicoptère n'a pas à prendre de la vitesse au sol pour décoller, c'est la vitesse de rotation du rotor et des palles (on parle ici de voilure mobile, comparativement à un avion qui a une voilure fixe)  qui y sont rattachées qui va permettre la portance de l'appareil...et sans crier gare vous vous retrouvez à plusieurs mètres du sol et par une simple inclinaison du rotor vers l'avant, l'appareil avance. Le  point de vue change rapidement , en quelques secondes nous sommes déjà à 300 mètres du sol et en moins de 5 minutes nous atteignons 3000 mètres,  nous sommes maintenant à la même hauteur que les plus hauts sommets de la chaîne Rundle qui longe la Bow Valley. Dur dur pour les oreilles qui finissent par débloquer au bout d'un certain temps.  Mais le paysage qui défile sous nos yeux fait oublier bien des petits malaises dont un léger mal des transports. Nous nous dirigeons vers le Mont Assiniboine en contournant différents cols. La vue est splendide et nous fait prendre conscience de l'étendue de l'arrière pays, car dans la vallée nous ne voyons que la façade de certaines montagnes, derrières elles il y en a une multitude que nous avons tendance à oublier trop facilement. L'hélicoptère a quelque chose de magique, elle nous permet de voir ce que nous pourrions atteindre après quelques jours de trekking   avec l'entrainement et tous les riques que cela comporte. Pour certains résidents de Canmore l'héliport est perçu comme une nuisance, surtout pour ceux qui sont dans l'axe de déplacement des appareils, mais il faut avoir fait l'expérience une fois pour se rendre compte de l'énorme potentiel de ce moyen pour admirer l'un des plus beau  point de vue de la planète. Je fréquente la vallée depuis près de douze ans et grâce à l'hélico j'ai maintenant une perception très différente du territoire qui l'entoure. 

   Un glacier que nous avons vu de près...

    ....et d'un peu plus près !

Le vol se déroule en douceur, à l'approche des glaciers au sommet des montagnes le pilote nous prévient qu'il  y aura des "bumps" car l'air devient instable lorque que les courants chauds qui remontent le long des parois à partir de la base des montagnes rencontre l'air froid dégagé par les masses de glace au sommet.  Un peu de vibration tout au plus et les palles qui claquent , nous voilà en face d'un glacier près du mont Assiboine dont nous pouvons apercevoir le sommet entre deux crêtes. L'instant est solennelle comme si nous entrions dans une cathédrale. Face à nous un glacier d'un bleu turquoise que nous frôlons d'assez près pour voir le ruisellement de l'eau de fonte le long de ses parois et même quelques blocs de glaces qui s'en détachent...Silence radio, personne n'appui sur le petit bouton qui permet de communiquer entre nous, nous sommes en communion avec cette nature brutte, si loin de nos références visuelles habituelles, c'est du cinéma 3D en réalité très augmentée ! 

   Au centre de l'image la découpe du sommet du Mont Assiniboine

    Des parois rocheuses très impressionnantes lorsque vous les frôlez en hélicoptère
     Jouez à saute mouton par dessus les sommets.... belle expérience !

    Des sommets à perte de vue !

Oups....le pilote change de cap, la cabine bascule d'un coup vers la gauche mais mon oreille interne droite qui fonctionne de manière approximative depuis quelques années perçoit la manoeuvre avec un léger décalage, je  cherche donc pendant un instant  le petit sac blanc du mal des transports, mais il n'y a rien !!! Comme personne ne semble dérangé  par la manoeuvre, mon orgueil de mâle agit comme un comprimé de gravol, jusqu'au moment où ma conjointe actionne son petit bouton et me glisse à l'oreille: " j'ai un peu mal au coeur"  ...Oups le gravol virtuel agit moins bien tout d'un coup... je lui conseille alors, en faisant mine d'être en contrôle de la situation, de regarder au loin et de bien respirer, ce que je mets en pratique moi-même, car depuis le départ je ne cesse d'avoir le nez rivé sur l'écan LCD de mon Canon T2-i afin de croquer le maximum de souvenirs de cette aventure unique. L'hélico se stabilise et nous prenons le chemin du retour, nous devrions tenir bon sans gerber, mais nous avons tout de même hâte de retrouver le plancher des vaches !  Reste que l'expérience en vaut le coup, nausée ou pas !

    Le Cougar Creek qui a emporté des maisons sur son passage est maintenant un désert
    de roches. Les crus en montagne sont soudaines, elles disparaissent comme elles sont
    venues !  Au centre la transcanadienne qui a été reconstruite.

Nous sommes de retour dans la Bow Valley, nous survolons pendant un moment la transcanadienne et nous découvrons l'étendue des dégâts occasionnés par le débordement du Cougar Creek et de la Bow River. A plusieurs endroits la transcanadienne a été rapréciée en vitesse afin que la circulation reprenne. Même l'héliport où nous allons nous poser dans quelques minutes avait été lourdement endommagée  par la cru démesurer du Cougar Creek.  L'héliport est en vue, le pilote décrit un long S et "gare" son appareil au bout d'une rangée de quatre autres hélicoptères, nous atterrissons en douceur comme sur un lit de guimauves. Nous sortons de l'appareil un peu voutés sous les palles qui tournent encore à grande vitesse. Nous suivons la petite ligne jaune au sol et nous entrons dans le petit bâtiment d'accueil de l'héliport. Nous récupérons la voiture dans le stationnement et nous nous dirigeons chez ma fille en espérant que notre cerveau finira par atterir lui aussi et que nous ne garderons que le souvenir des beaux paysages que nous avons admiré du haut du ciel.  

mercredi 10 juillet 2013

ELEVATION PLACE



Depuis près de deux ans, sur Railway avenue, à deux pas de Main Street à Canmore, un chantier de construction retenait l'attention de tous les résidents et de tous les touristes qui passaient dans le coin. Un bâtiment de pierre et de bois,  de style contemporain et d'imposante dimension s'élevait jour après jour....c'était justement le "Elevation Place"... Un nom très intéressant pour un centre multifonctionnel le destiné à l'élévation du corps et de l'esprit... J'adore !  Avec ses 77 000 pieds carrés de surface et ses 6 services regroupés sous un même toit  le "Elevation place" a de quoi rendre jaloux toutes les autres villes canadiennes de moins de 20 000 de population, car il n'y a que 12 317 citoyens permanents et un peu moins de 6 000 non permanents à Cammore. Il faut préciser ici que la ville de Canmore qui est au porte du Parc de Banff et de quatre importantes stations de ski  alpin (Sunshine Village, Norquay, Lac Louise et Nakiska) et du Nordic Centre,où s'entraîne l'équipe nationale de ski de fond, attire une importante clientèle de villégiature qui occupe à temps partiel des maisons et  condominiums qui contribuent à la richesse foncière de la ville. Mais le financement de la construction du complexe multifonctionnel de 39 millions n'aurait pas été possible sans l'aide de la province de l'Alberta qui grâce à son programme MSI (Municipal Sustainability Initiative) a assumé la quasi totalité de la facture !

   Elevation Place, côté stationnement

   Du côté de Railway avenue, le bâtiment s'inscrit dans la continuité des montagnes !

    Une oeuvre d'art bien intégrée !

    En été, le Café Good Earth s'ouvre vers l'extérieur grâce à des portes accordéons.

L'architecture du  "Elevation Place" respecte le style particulier que l'on retrouve dans plusieurs constructions récentes de la Bow Valley qui associe la pierre et le bois. C'est la firme d'architectes Gibbs & Gages de Calgary qui signe le design du complexe qui a obtenu la certification LEED argent. La structure du bâtiment est en  béton et en bois, de grandes poutres verticales  en béton et en bois (cantilever inversé)  supportent un réseau de poutres horizontales en bois lamelé-collé. Le résultat à l'intérieur est remarquable, car les espaces sont dégagés et l'omniprésence du bois donne une ambiance chaleureuse à l'ensemble. Le bâtiment exploite bien le site sur lequel il est implanté,il s'étire d'ouest en est avec une pente ascendante, la partie la plus haute qui s'élève du côté du  massif des "Three Sisters" regroupe un café, la section d'escalade, la piscine et à l'étage une garderie, un centre d'entraînement et différents locaux polyvalents. La partie la plus basse, qui est adjacente au stationnment, regroupe en plus du hall d'entrée, la bibliothèque publique de Canmore et une une petite galerie d'art. 

    Dans le hall on aperçoit déjà le café Good Earth à droite et la section d'escalade au centre. 

La section d'escalade et la piscine contribuent au facteur "wow" du complexe. La section d'esclade qui est visible dès le hall d'entrée ne laisse personne indifférent. Plusieurs parois blanches et noires recouvertes de prises d'escalade de différentes couleurs  contribuent à dynamiser ce lieu qui une fois pris d'assaut par les grimpeurs devient comme une ruche d'abeilles ! La piscine n'a rien de banal non plus, car en plus d'un bassin de dimension quasi olympique il y a une section plus ludique avec glissades et chutes d'eau, très appréciés des plus jeunes (dont mon petit fils Félix).

   Des parois intéressantes accessibles à l'année

    Une piscine aux attraits variés... incluant des glissades d'eau !

Je vais bien sûr vous parler de la bibliothèque, car on n'aura beau sortir l'homme de la bibliothèque, la bibliothèque demeure en lui ! Comme je fréquente Canmore depuis plus de dix ans, je connaissais l'ancienne bibliothèque publique située un peu plus au sud, sur une petite ruelle perpendiculaire à Main Street ...Déjà de la retrouver constituait un véritable défi !  Localisée dans un petit bâtiment elle disposait de collections limitées et de très peu d'espace pour la lecture et l'animation. La nouvelle bibliothèque dispose d'une place de choix à gauche du hall d'entrée du complexe, impossible de la rater elle est même  visible de l'extérieur grâce à une large fenestration. Le bois, présent ailleurs dans le complexe, l'est également dans la bibliothèque ajoutant une touche montagnarde !  Dès l'entrée on remarque le grand comptoir de services et les postes informatiques dans un espace dégagé, on découvre près des fenêtres derrières le rayonnage de bois plusieurs places assises où la vue sur les montagnes demeure un atout majeur...Bref  rien de comparable avec l'ancienne bibliothèque une amélioration de 400%.Bon, comme je suis un professonnel j'ai aussi noté quelques points faibles : un secteur jeunesse triste à mourir, une signalisation anémique,  un aménagement trop classique qui innove en rien,  ... nous sommes encore loin des petites bibliothèques scandinaves ou de certaines villes américaines de la côte ouest qui avec des populations comparables ont réussi à devenir de véritable milieu de vie. Il faut croire que la révolution du "troisième lieu" n'a pas réussi à atteindre l'ensemble de l'ouest canadien. Pourtant Canmore aurait tout pour adhérer à cette tendance avec sa jeune population ouverte d'esprit... ça viendra sans doute un jour,  soyons optimistes !

    La bibliothèque en quelques images: une grande amélioration par rapport à l'ancienne 
    mais un peu trop classique à mon goût !


Elevation Place, comme plusieurs bâtiments importants de Canmore, est situé en bordure de la voie ferrée du Canadien Pacifique.  Plusieurs fois par jour d'importants convois traversent Canmore, coupant la circulation automobile entre le nord et le sud.  Après la tragédie du Lac Mégantic je ne peux m'empêcher d'imaginer quel serait l'impact d'un déraillement majeur au centre de cette petite ville.Jusqu'à maintenant je n'ai pas vue de wagons citernes lors de nos attentes quotidiennes à l'un des passages à niveau de la ville, mais à la vitesse que les wagons défilent et du peu de distance qui sépare les rails des bâtiments (moins de 20 mètres selon moi) un simple empilement de wagon pourrait faire bien des dégâts et surtout bien des victimes. Espérons que le sacrifice de Lac Mégantic servira au moins à éveiller la conscience de ceux qui ont la sécurité de la population entre leur main.    

    Nous sommes ici dans le stationnement du Elevation Place, notez la proximité des wagons,
    ceux-ci transporte du blé. Imaginez un déraillement à cet endroit avec des matières dangereuses.
    De l'autre côté du rail on aperçoit la toiture des commerces situés sur la Bow Valley trail.
    L'inondation du 21 juin dernier a emporté des sections du rail pas très loin du centre ville de
    Canmore, interrompant la liaison ferroviaire pendant plusieurs jours.   


mardi 2 juillet 2013

Une fête du Canada sans ambiguïté !

Nous sommes le 29 juin et déjà nous sentons une certaine fébrilité dans les rues de Canmore. Chez le Canadian Tire du coin les gens sortent avec des unifoliés enroulés sur des bâtons, sur notre terrain de camping plusieurs campeurs ont commencé à décorer l'auvent de leur roulotte avec de petits drapeaux et au centre ville on annonce la fermeture prochaine de la Main Street pour la parade du "Canada Day". Ma fille me prévient : "le Canada Day à Canmore c'est du sérieux, tu n'auras sans doute jamais autant célébré l'anniversaire du Canada de ta vie !"... Je dois l'avouer, comme beaucoup de Québécois de ma génération, la fête du Canada ne fait vibrer aucune corde sensible. En dehors des frontières du Québec je n'arrive toujours pas à me sentir chez moi dans un pays qui comprend difficilement ma langue,mon sens de l'humour, mes valeurs sociales, ma culture ou simplement mes jurons !  Mais  je dois également le reconnaître, l'inverse est aussi vrai...deux solitudes avez-vous dit ?

   Le déjeuner sur l'herbe à Canmore...pancakes et saucisses gratuites !

   L'unifolié présent partout...

À Cammore, la présence d'une petite communauté francophone sauve un peu la situation, lorsque l'on tend l'oreille au Sobey's ou dans les restos de la Main on n'arrive à croire au grand rêve d'un Canada bilingue, où la langue des deux peuples fondateurs est sur un pied d'égalité....mais lorsque vous passez à la caisse, oubliez le français, c'est l'anglais qui reprend sa suprématie.  Visitez l'ouest en français demeure en partie possible, c'est du moins la prétention du site web "l'ouest canadien en français" (www.ouestcanadien.ca), mais tôt ou tard vous devrez utiliser votre connaissance de l'anglais, car les services en français dans les sites touristiques sont souvent offerts uniquement en haute saison et cela se résume souvent à un dépliant bilingue.  Une seule exception: les établissements et les parcs fédéraux où le service en français est disponible à l'année... mais avec quelques ratés lorsque les employés bilingues ne sont pas suffisamment nombreux!  Parfois, avec un peu de chance vous pourrez vous faire répondre en français dans des endroits où le français semble absent, car les "francos" de l'ouest (où les "anglos" francophiles) qui travaillent dans les établissements publics n'hésitent pas à passer au français si votre accent francophone et votre difficulté à vous exprimer dans la la langue de Shakespeare trahissent si facilement votre origine!  Mais il demeure prudent de rafraîchir sa connaissance de l'anglais car on ne peut pas toujours compter sur ces rencontres fortuites. 


    Mon petit-fils et son papa...on regarde la parade , c'est
    du sérieux !

    Le seul représentant des premières nations 
    dans le défilé.

Revenons au "Canada day" !  Au premier degré une fête c'est une fête, on peut donc y participer sans nécessairement renouveler sa foi dans le fédéralisme canadien ou se faire tatouer une feuille d'érable rouge sur une fesse !  J'ai donc décidé de me mêler à la fête sans toutefois m'habiller en rouge où d'agiter de manière frénétique le petit unifolié qu'un bénévole m'a remis dans la file où j'attendais de recevoir deux "pancakes" et une saucisse...Nous étions alors au Centennial Park près de Main street, un déjeuner  sur l'herbe le 1er juillet , très familial où régnait une ambiance de kermesse.  Un petit ensemble de musiciens interprète des aires latinos...du Santana notamment. Avec un peu d'ironie je mentionne à mon gendre que leur répertoire ne comprend rien de  typiquement canadien...Bon, je me censure sur le champ car je ne veux pas gâcher le "party" avec mes réflexions politiques...à Rome on fait comme les Romains !  Mon petit-fils est par ailleurs très heureux de taper du pied sur l'air de "Oye Como Va", c'est le plus important, la constitution et le lac Meech peuvent donc entrer au placard... fêtons !

    Aussi incontournable que les montagnes...la police montée...à pied pour l'occasion !

   De jolies cavalières qui représentent le Stampede de Calgary !

    Un char allégorique qui nous rappel que le Stampede de Calgary va débuter dans quelques
    jours.
    Drôles de bonhommes sur leur segway...en fait ce sont des membres des Shriners.

En après-midi sur Main street c'est le défilé, un défilé qui a beaucoup de panache malgré la taille de la Ville... Il fait 32º à l'ombre, nous sommes en famille même la dernière née accompagne le clan, bouteilles d'eau, chapeaux, crème solaire nous sommes prêts à voir le défilé. Nous sommes sur la deuxième rangée car la première est occupée par ceux qui très tôt le matin sont venus réserver leur place en plaçant une chaise pliante sur le bord du trottoir...nous avons compris plus tard l'intérêt de ce drôle de comportement...les mascottes et les animateurs de chars allégoriques tirent des friandises aux enfants qui attérissent invariablement sur la chaîne de trottoirs....on devra donc se contenter des tirs perdus ...de friandises!  Le défilé est charmant, un mélange de cow boys, d'ensembles de cornemuses, de chars allégoriques et finalement de machineries lourdes, question de souligner le travail de ceux qui ont contribué à limiter les dégâts lors de l'inondation de Canmore et à remettre sur pied les principales infrastructures de la ville.

    Un patronyme francophone... Denis Roy !  Les francos sont un peu partout à Canmore.
    La générosité sollicitée à pleine pelle pour les sinistrés de l'inondation.

   Vous croyez sans doute que ce manifestant qui profite de la parade pour contester le 
   gouvernement Harper a été hué copieusement en terre conservatrice...Bien non ! Au 
   contraire, il a été encouragé par la majorité des spectateurs... Étonnant !...mais Canmore
   qui est peuplé de jeunes , venant d'un peu partout au Canada, n'est sans doute pas 
   représentatif du reste de l'Alberta...


L'anniversaire du Canada se termine par un feu d'artifice que nous avons pu admirer de notre site de camping, avec en arrière plan le mont Ha Ling.





lundi 1 juillet 2013

Le "treehouse" de Félix

Nous sommes en avril, il y a encore un peu de neige à Québec derrière les cours et sous les arbres. Je reçois un courriel de ma fille qui habite Canmore et qui me dit: " Papa comme vous serez chez nous cet été j'aimerais que tu puisses construire un portique de jeux pour Félix avec balançoires, carré de sable  et glissade".  En bon bricoleur je réponds positivement à cette demande de ma fille et  je commence illico à travailler sur le plan. Recherche sur Internet pour trouver des modèles et hop, je me lance sur une première esquisse en utilisant le logiciel Sketchup 8 pour dessiner la forme qui s'adaptera le mieux possible aux dimensions de la cour qui est peu profonde.  En me basant sur le modèle compact de la compagnie Modul'air, j'arrive finalement à concevoir un portique de jeux qui s'adaptera à la configuration de la cour tout en regroupant 7 composantes: maisonnette sur pilier, glissade, balançoire, trapèze, échelle de corde, espalier et  mur d'escalade...

   La construction du portique de jeux progresse bien, j'installe ici l'une des deux poutres
   transversales qui supporteront d'un côté une balançoire et de l'autre un trapèze avec 
   anneaux.

Une fois le dessin complété et les mesures établies, je réalise brutalement que je devrai réalaiser ce portique de jeux à 4065 kilomètres de mon atelier, loin de mes outils préférés et surtout de mes fournisseurs habituels de matériaux de construction. Pas de panique ! Canmore c'est loin, mais c'est toujours au Canada et en Amérique du Nord, là où les Rona et les Home Hardware ont des points de vente. Va donc pour les matériaux, mais comment remplacer la perceuse à colonne ou la scie à onglet coulissante pour machiner les nombreuses pièces du portique avec précision ? Oui, il y a toujours la location, mais la réalisation du portique demandera une bonne semaine de travail, le coût de location d'outils ferait donc monter la facture du portique que j'estime déjà à 700$ uniquement pour les matériaux, la quincaillerie  et les accessoires. Pas de panique là aussi  !  Il y a toujours moyen de suppléer à l'absence des outils d'atelier par des gabarits de bois qui permettront de transformer la perceuse et la scie ronde portatives en véritables outils de précision.  A partir du plan du portique je conçois donc en atelier plusieurs gabarits qui me permetrront,une fois à Canmore, d'obtenir les coupes d'angle et les forages nécessaires pour réaliser un assemblage solide et sécuritaire de toutes les composantes du portique.  De plus, toutes les pièces de la structure du portique seront boulonnées et sécurisées avec des écrous autoverrouillables qui ne se desserront pas lorsque le portique subira les assauts répétés des petits. De plus toutes les têtes de boulons seront noyées dans les pièces afin qu'aucune ne dépasse et ne risque de blesser un enfant qui déciderait de s'appuyer contre un élément de la structure.  

La fabrication du portique "in situ" a débuté la veille de l'accouchement de ma fille au moment où les pluies torentielles commençaient à s'abattre sur la région de Canmore et de Calgary.  Dans la cour à bois du Rona à Calgary j'ai du revêtir un imperméable de pêcheur pour arriver à compléter le chargement de la quarantaine de madriers et de  planches nécessaires à la fabrication du portique. Heureusement qu'un ami de ma fille, entrepreneur en construction,  nous avait prêté sa remorque de 12 pieds pour assurer le transport des matériaux,  car autrement nous aurions eu beaucoup de difficultés à attacher la pile de madrier sur le dessus de ma voiture. C'est donc dans la flotte que les premiers jours du chantier se sont déroulés, avec quelques arrêts pour aller voir maman et bébé Chloé à l'hôpital de Canmore, littéralement encerclée par le déluge... Mais après la pluie  le beau temps est revenu et en 6 jours l'essentiel du portique était construit, au grand bonheur de Félix qui a remercié chalheureusement son grand-père pour son "treehouse" qui sans être dans un arbre correspond à la perception de mon petit-fils...ne brisons pas ses rêves, ce sera donc sa petite maison dans un arbre  ! 


   Le chantier du portique achève, grand-papa peut souffler un peu !
    Première collation de Félix dans son
       "treehouse"


Le portique de jeux entièrement complétés.
   Le carré de sable sous la maisonnette, un rectangle de 4' x 4'.

    Le mur d'escalade derrière le portique et son
    tapis de copeaux de cèdre pour amorcer les 
    chutes éventuelles.