mardi 2 juillet 2013

Une fête du Canada sans ambiguïté !

Nous sommes le 29 juin et déjà nous sentons une certaine fébrilité dans les rues de Canmore. Chez le Canadian Tire du coin les gens sortent avec des unifoliés enroulés sur des bâtons, sur notre terrain de camping plusieurs campeurs ont commencé à décorer l'auvent de leur roulotte avec de petits drapeaux et au centre ville on annonce la fermeture prochaine de la Main Street pour la parade du "Canada Day". Ma fille me prévient : "le Canada Day à Canmore c'est du sérieux, tu n'auras sans doute jamais autant célébré l'anniversaire du Canada de ta vie !"... Je dois l'avouer, comme beaucoup de Québécois de ma génération, la fête du Canada ne fait vibrer aucune corde sensible. En dehors des frontières du Québec je n'arrive toujours pas à me sentir chez moi dans un pays qui comprend difficilement ma langue,mon sens de l'humour, mes valeurs sociales, ma culture ou simplement mes jurons !  Mais  je dois également le reconnaître, l'inverse est aussi vrai...deux solitudes avez-vous dit ?

   Le déjeuner sur l'herbe à Canmore...pancakes et saucisses gratuites !

   L'unifolié présent partout...

À Cammore, la présence d'une petite communauté francophone sauve un peu la situation, lorsque l'on tend l'oreille au Sobey's ou dans les restos de la Main on n'arrive à croire au grand rêve d'un Canada bilingue, où la langue des deux peuples fondateurs est sur un pied d'égalité....mais lorsque vous passez à la caisse, oubliez le français, c'est l'anglais qui reprend sa suprématie.  Visitez l'ouest en français demeure en partie possible, c'est du moins la prétention du site web "l'ouest canadien en français" (www.ouestcanadien.ca), mais tôt ou tard vous devrez utiliser votre connaissance de l'anglais, car les services en français dans les sites touristiques sont souvent offerts uniquement en haute saison et cela se résume souvent à un dépliant bilingue.  Une seule exception: les établissements et les parcs fédéraux où le service en français est disponible à l'année... mais avec quelques ratés lorsque les employés bilingues ne sont pas suffisamment nombreux!  Parfois, avec un peu de chance vous pourrez vous faire répondre en français dans des endroits où le français semble absent, car les "francos" de l'ouest (où les "anglos" francophiles) qui travaillent dans les établissements publics n'hésitent pas à passer au français si votre accent francophone et votre difficulté à vous exprimer dans la la langue de Shakespeare trahissent si facilement votre origine!  Mais il demeure prudent de rafraîchir sa connaissance de l'anglais car on ne peut pas toujours compter sur ces rencontres fortuites. 


    Mon petit-fils et son papa...on regarde la parade , c'est
    du sérieux !

    Le seul représentant des premières nations 
    dans le défilé.

Revenons au "Canada day" !  Au premier degré une fête c'est une fête, on peut donc y participer sans nécessairement renouveler sa foi dans le fédéralisme canadien ou se faire tatouer une feuille d'érable rouge sur une fesse !  J'ai donc décidé de me mêler à la fête sans toutefois m'habiller en rouge où d'agiter de manière frénétique le petit unifolié qu'un bénévole m'a remis dans la file où j'attendais de recevoir deux "pancakes" et une saucisse...Nous étions alors au Centennial Park près de Main street, un déjeuner  sur l'herbe le 1er juillet , très familial où régnait une ambiance de kermesse.  Un petit ensemble de musiciens interprète des aires latinos...du Santana notamment. Avec un peu d'ironie je mentionne à mon gendre que leur répertoire ne comprend rien de  typiquement canadien...Bon, je me censure sur le champ car je ne veux pas gâcher le "party" avec mes réflexions politiques...à Rome on fait comme les Romains !  Mon petit-fils est par ailleurs très heureux de taper du pied sur l'air de "Oye Como Va", c'est le plus important, la constitution et le lac Meech peuvent donc entrer au placard... fêtons !

    Aussi incontournable que les montagnes...la police montée...à pied pour l'occasion !

   De jolies cavalières qui représentent le Stampede de Calgary !

    Un char allégorique qui nous rappel que le Stampede de Calgary va débuter dans quelques
    jours.
    Drôles de bonhommes sur leur segway...en fait ce sont des membres des Shriners.

En après-midi sur Main street c'est le défilé, un défilé qui a beaucoup de panache malgré la taille de la Ville... Il fait 32º à l'ombre, nous sommes en famille même la dernière née accompagne le clan, bouteilles d'eau, chapeaux, crème solaire nous sommes prêts à voir le défilé. Nous sommes sur la deuxième rangée car la première est occupée par ceux qui très tôt le matin sont venus réserver leur place en plaçant une chaise pliante sur le bord du trottoir...nous avons compris plus tard l'intérêt de ce drôle de comportement...les mascottes et les animateurs de chars allégoriques tirent des friandises aux enfants qui attérissent invariablement sur la chaîne de trottoirs....on devra donc se contenter des tirs perdus ...de friandises!  Le défilé est charmant, un mélange de cow boys, d'ensembles de cornemuses, de chars allégoriques et finalement de machineries lourdes, question de souligner le travail de ceux qui ont contribué à limiter les dégâts lors de l'inondation de Canmore et à remettre sur pied les principales infrastructures de la ville.

    Un patronyme francophone... Denis Roy !  Les francos sont un peu partout à Canmore.
    La générosité sollicitée à pleine pelle pour les sinistrés de l'inondation.

   Vous croyez sans doute que ce manifestant qui profite de la parade pour contester le 
   gouvernement Harper a été hué copieusement en terre conservatrice...Bien non ! Au 
   contraire, il a été encouragé par la majorité des spectateurs... Étonnant !...mais Canmore
   qui est peuplé de jeunes , venant d'un peu partout au Canada, n'est sans doute pas 
   représentatif du reste de l'Alberta...


L'anniversaire du Canada se termine par un feu d'artifice que nous avons pu admirer de notre site de camping, avec en arrière plan le mont Ha Ling.





lundi 1 juillet 2013

Le "treehouse" de Félix

Nous sommes en avril, il y a encore un peu de neige à Québec derrière les cours et sous les arbres. Je reçois un courriel de ma fille qui habite Canmore et qui me dit: " Papa comme vous serez chez nous cet été j'aimerais que tu puisses construire un portique de jeux pour Félix avec balançoires, carré de sable  et glissade".  En bon bricoleur je réponds positivement à cette demande de ma fille et  je commence illico à travailler sur le plan. Recherche sur Internet pour trouver des modèles et hop, je me lance sur une première esquisse en utilisant le logiciel Sketchup 8 pour dessiner la forme qui s'adaptera le mieux possible aux dimensions de la cour qui est peu profonde.  En me basant sur le modèle compact de la compagnie Modul'air, j'arrive finalement à concevoir un portique de jeux qui s'adaptera à la configuration de la cour tout en regroupant 7 composantes: maisonnette sur pilier, glissade, balançoire, trapèze, échelle de corde, espalier et  mur d'escalade...

   La construction du portique de jeux progresse bien, j'installe ici l'une des deux poutres
   transversales qui supporteront d'un côté une balançoire et de l'autre un trapèze avec 
   anneaux.

Une fois le dessin complété et les mesures établies, je réalise brutalement que je devrai réalaiser ce portique de jeux à 4065 kilomètres de mon atelier, loin de mes outils préférés et surtout de mes fournisseurs habituels de matériaux de construction. Pas de panique ! Canmore c'est loin, mais c'est toujours au Canada et en Amérique du Nord, là où les Rona et les Home Hardware ont des points de vente. Va donc pour les matériaux, mais comment remplacer la perceuse à colonne ou la scie à onglet coulissante pour machiner les nombreuses pièces du portique avec précision ? Oui, il y a toujours la location, mais la réalisation du portique demandera une bonne semaine de travail, le coût de location d'outils ferait donc monter la facture du portique que j'estime déjà à 700$ uniquement pour les matériaux, la quincaillerie  et les accessoires. Pas de panique là aussi  !  Il y a toujours moyen de suppléer à l'absence des outils d'atelier par des gabarits de bois qui permettront de transformer la perceuse et la scie ronde portatives en véritables outils de précision.  A partir du plan du portique je conçois donc en atelier plusieurs gabarits qui me permetrront,une fois à Canmore, d'obtenir les coupes d'angle et les forages nécessaires pour réaliser un assemblage solide et sécuritaire de toutes les composantes du portique.  De plus, toutes les pièces de la structure du portique seront boulonnées et sécurisées avec des écrous autoverrouillables qui ne se desserront pas lorsque le portique subira les assauts répétés des petits. De plus toutes les têtes de boulons seront noyées dans les pièces afin qu'aucune ne dépasse et ne risque de blesser un enfant qui déciderait de s'appuyer contre un élément de la structure.  

La fabrication du portique "in situ" a débuté la veille de l'accouchement de ma fille au moment où les pluies torentielles commençaient à s'abattre sur la région de Canmore et de Calgary.  Dans la cour à bois du Rona à Calgary j'ai du revêtir un imperméable de pêcheur pour arriver à compléter le chargement de la quarantaine de madriers et de  planches nécessaires à la fabrication du portique. Heureusement qu'un ami de ma fille, entrepreneur en construction,  nous avait prêté sa remorque de 12 pieds pour assurer le transport des matériaux,  car autrement nous aurions eu beaucoup de difficultés à attacher la pile de madrier sur le dessus de ma voiture. C'est donc dans la flotte que les premiers jours du chantier se sont déroulés, avec quelques arrêts pour aller voir maman et bébé Chloé à l'hôpital de Canmore, littéralement encerclée par le déluge... Mais après la pluie  le beau temps est revenu et en 6 jours l'essentiel du portique était construit, au grand bonheur de Félix qui a remercié chalheureusement son grand-père pour son "treehouse" qui sans être dans un arbre correspond à la perception de mon petit-fils...ne brisons pas ses rêves, ce sera donc sa petite maison dans un arbre  ! 


   Le chantier du portique achève, grand-papa peut souffler un peu !
    Première collation de Félix dans son
       "treehouse"


Le portique de jeux entièrement complétés.
   Le carré de sable sous la maisonnette, un rectangle de 4' x 4'.

    Le mur d'escalade derrière le portique et son
    tapis de copeaux de cèdre pour amorcer les 
    chutes éventuelles. 


mercredi 26 juin 2013

Les "ti-lapins" de Canmore

Ils sont beiges, bruns ou noirs avec le bout de la queue blanche, ce sont les lapins de Canmore. Ils sont un peu partout, près de notre roulotte dans le camping, sur le parterre de maisons privées, près de la rue principale ils sont vraiment partout. Dès que vous séjournez un peu à Canmore il est pratiquement impossible de ne pas en apercevoir. Ces lapins n'appartiennent pas à la faune locale, ils ont été introduit dans les années 80 par un citoyen de Canmore qui en a relâché  une douzaine en espérant que la prédation les éliminerait  rapidement.  Malheureusement, les gentils lapins de pâques ont plutôt colonisé rapidement cet environnement qui leur était favorable.  Pour les enfants et les touristes de passage  ils constituent une véritable attraction car ils sont vraiment mignons ! Mais leur grand nombre constitue aujourd'hui un réel problème car ils attirent également près des résidences des prédateurs qui constituent  une réelle menace pour les humains, comme les cougars et les coyotes ! 

    Un des milliers de "ti-lapins" près de notre roulotte à 8h00 le matin.. cute non ?

En 2011 le conseil municipal de Canmore a pris une décision qui a suscité un vif débat au sein de  de la communauté, il a en effet donner un mandat d'extermination des   lapins à une firme spécialiée, en spécifiant que l'euthanasie des lapins par le gaz carbonique était malgré tout moins cruel que la prédation naturelle.  Il n'en fallait pas plus pour provoquer une levée de bouclier chez les âmes sensibles et les amoureux des grandes oreilles. Si personne n'a vraiment de sympathie pour les rats, les bébés calmars ou les moufettes il en va autrement pour les sympathiques lapins qui ne font que brouter l'herbe en remuant le nez. À une autre époque un certain Hugh Hefner avait compris l'irrésistible attirance des humains pour cette bestiole en l'adoptant comme marque de commerce de son empire du sexe...et de plus on connaît la réputation des chauds lapins !  C'est d'ailleurs leur capacité à se reproduire rapidement qui est au coeur du problème à Canmore, car malgré le trapage amorcé en 2011 leur population totale ne diminue que faiblement, au point de se demander si quelques défenseurs des lapins ne sapent pas les efforts d'extermination.

    D'autres "ti-lapins" participant à l'effort de tonte de pelouse de notre camping !

Les défenseurs des lapins de Canmore sont nombreux (comme les lapins !) et ils ne manquent pas d'imagination pour sauver les lapins. Une dame a même démarré une campagne de souscription pour créer un sanctuaire pour les lapins qui seraient d'abord stérilisés imaginez seulement le coût de l'opération, car on parle de plusieurs milliers de lapins à stériliser et à pensionner par la suite !  Sur Internet vous trouverez plusieurs sites qui viennent à la défense des "ti-lapins" de Camore dont le blogue de "Susan" ( http://canmorebunnies.blogspot.ca/) qui souhaitent créer le sanctuaire pour lapins ou le canmorerabbits.ca  qui souhaitent étaler au grand jour la cruauté des autorités publiques envers les "ti-lapins" . Bref beaucoup de délire autour d'un problème créer au départ par un humain. Comme vous  j'aime bien les lapins, mais ils n'ont vraiment pas leur place à deux pas du Parc national de Banff ... qu'ils finiront par coloniser un jour si rien n'est fait ! 

lundi 24 juin 2013

Un 24 juin bien calme !

Effet secondaire de l'inondation de Canmore,  le Spring Creek campground où nous sommes installés avec notre roulotte a été déserté de la plupart des campeurs de passage. Il ne reste que les permanents qui occupent le site à l'année dans des roulottes à l'allure de mini-bungalow et quelques motorisés "grande classe" immatriculés pour la plupart dans des états américains du sud-ouest : Texas, Arizona, Utha. Mais notre petite rue sur la camping est totalement vide et immergées sous une dizaine de centimètres d'eau à une de ses extrémités, nous rappelant le drame qui s'est  déroulé à moins de deux kilomètres d'ici. Ce matin sur la rue voisine, je vois un couple s'activer autour de leur immense roulotte à sellette (fifth whell) ils sont les derniers à quitter cette rue aussi vide que la nôtre. Pendant un moment je me suis interrogé sur leur origine, mais je n'arrive pas à lire leur plaque de ma position, jusqu'au moment où la femme cri à son mari "y manque juste la patente jaune à embarquer"...pas de doute les seuls Québécois avec lesquels nous aurions pu improviser une petite fête de la Saint-Jean autour du feu ,en ce 24 juin, viennent de nous quitter, sans doute pour se rendre à Banff via la Bow Valley Trail qui contrairement à la Transcanadienne a été réouverte à la circulation hier.  Il manque donc résolument d'ambiance sur le camping ce soir, mais la vue sur les  montagnes demeure intacte. Heureusement que nous passons la majeure partie de nos  journées chez notre fille...là, l'action de manque pas au moins !

    Notre site sur le Spring Creek campground... nous sommes les derniers campeurs sur
    cette rue. Le chalet qui abrite les toilettes et la buanderie à gauche a été encerclé par 
    10 cm d'eau pendant près de 48 heures..mais notre site a été épargné !!!!

vendredi 21 juin 2013

Canmore flooding...

De mémoire de citoyens, on n'aurait jamais rien vu de pareil à Canmore...mais comme c'est un pays neuf, il vaut mieux se tourner auprès de la communauté autochtone pour avoir l'heure juste. En effet elle fréquente la vallée depuis quelques millénaires alors que  les "visages pâles" y habitent depuis le XIXe siècle et de manière aussi importante depuis le XXe . La chose la plus étrange c'est que les Nakoda (ou Stoney pour les anglais, car ils faisaient chauffer leurs mets en plaçant des pierres brulantes dans des récipients en terre cuite ou en cuir) n'ont jamais vraiment habité dans la vallée. Encore aujourd'hui leurs réserves sont situées un peu avant le début des contreforts des Rocheuses.   Pour les Nakoda (qui appartiennent comme les Dakota et les Lakota à la grande nation Sioux) les montagnes sont sacrées, on doit les respecter, c'est un territoire qui appartient aux esprits. Déranger les esprits peut donc avoir de graves conséquences !  

Mais sans croire aux esprits il apparaît tout à fait évident que de construire une ville au fond d'une vallée si encaissée, dominée par des sommets de plus de 2000 mètres,  dont la neige persiste parfois jusqu'en août, représente un risque qui s'expimera tôt ou tard , changement climatique ou non !  D'ailleurs les autorités de Canmore ont déjà reçu des avertissements lors de crus printanières du Cougar Creek, ce dernier prenant les allures d'une large rivière tumultueuse pendant quelques semaines pour redevenir un mince filet d'eau au coeur de l'été. Pour juguler le problème la ville de Canmore avait transformé ce ruisseau en véritable évacuateur de cru en creusant son lit et en pratiquant un enrochement massif de chaque côté de ses rives.  Confiant d'avoir dominé Mère Nature pour de bon,  la Ville a donc autorisé les constructions tout au long de son cours. Mais Mère Nature vient de rappeler brutalement qu'elle sera toujours la plus forte et qu'elle peut détruire en une seule nuit ce qui avait demandé quelques années à mettre en place.  Gonflé par l'effet combiné de la fonte des neiges des sommets et d'une pluie continuelle qui a laissé 139 mm en un peu plus de 24 heures, le Cougar Creek a tout défoncé sur son passage labourant les terrains, les maisons, les galleries, les ponts, la patinoire, les installations électriques et de gaz.


   Le point bleu correspond à la résidence de ma fille et la zone en rouge à celle qui a été 
   dévastée par le Cougar Creek les 19 et 20 juin, notre camping est de l'autre côté de la
    transcanadienne (la 1) qui a été coupée à plusieurs endroits, isolant Canmore du reste 
    du monde

    On  ne passe plus !  priorité aux véhicules d'urgence
   Une très belle et grande maison, mais qui risque de partir avec la berge

    Des travaux d'urgence pour creuser davantage le "creek"...around the clock !

   Comment redonner un terrain à ces maisons ? avant l'inondation il y avait une piste cyclable
   derrière les maisons de chaque côté du "creek"...il y a un grand trou maintenant !

Sous l'effet des prétros dollars et de la spéculation immobilière,  Canmore connaît une expansion inquiétante depuis une dizaine d'années.  On voit des résidences de plusieurs centaine de milliers de dollars  (et de millions parfois) s'accrocher un peu partout aux montagnes transformant un paysage qui était pourtant à la base de l'attrait qu'exerce la région. On s'éloigne de la sagesse amérindienne et du respect de la nature. Il faudra donc s'habituer aux situations d'urgence ! 
   Le QG de la sécurité publique, derrière le Ha Li peak...China Man pour les intimes !

jeudi 20 juin 2013

Chloé dans les bras de Noé...

Nous sommes le 19 juin de l'an de grâce 2013, il est 20h04 heure des Rocheuses. À l'extérieur une pluie torrentielle s'abat sur la "Bow Valley" transformant les ruisseaux en rivières et les rivières en fleuve arrachant tout sur leurs berges, incluant la route et le chemin de fer transcanadiens .  Au centre de Canmore sur la "Bow Valley Trail" le petit hôpital de Canmore est bientôt cerné par les eaux qui s'élèvent rapidement transformant les stationnements et les terrains adjacents en lacs.   Dans la salle des naissances, la petite Chloé pousse ses premiers cris, elle a choisi ce moment apocalyptique pour faire son entrée dans la vie, même Noé n'aurait pas fait mieux !  On se souviendra donc à jamais de ce jour où l'expression "après moi le déluge" n'aura jamais été aussi juste. Pourtant la petite Chloé est si mignonne elle n'a rien de l'ange annonciateur de cataclysmes et de catastrophes naturelles. C'est notre première petite fille, je crois qu'elle a simplement voulu marquer  sa naissance de manière indélébile dans nos esprits.





Encore difficile de dire à qui Chloé ressemblera: à sa mère, à son père, à l'une de ses grands-mères ou de ses grands-pères ? Une fois que le stress de la naissance s'effacera complètement et que son visage sourira enfin, il sera plus facile d'y lire son héritage familial. Mais cela nous importe peu pour le moment, car en fin de compte elle sera unique et nous l'aimerons inconditionnellement ! Je ne vais pas vous surprendre en vous disant que Chloé est le plus beau bébé au monde, des générations de grands-parents ont dit la même chose de leurs petits enfants, mais dans mon cas je ne fais pas d'inflation verbale, c'est la stricte vérité ! Vous n'avez qu'à regarder les photographies ci-jointe pour vous en convaincre.  Chloé a fait osciller la balance à 3110 grammes (6 livres et 14 onzes) et mesure 55 cm du bout des cheveux au bout des orteilles, elle a peu de cheveux mais ils sont plus foncés que ceux de son frère Félix à la naissance. Sa mère Amélie est fier de sa petite puce qui bien amorcé son allaitement et qui demeure d'un calme olympien entre les boires. Papa Martin veille tout près, il restera une nuit de plus  avec Amélie et Chloé à l'hôpital ce dernier étant toujours cerné par les eaux.



Pendant ce temps Canmore demeure toujours sur un pied d'alerte, notre "grenouille" dont le nom est devenu prophétique n'est toujours  pas en danger sur le camping de Spring Creek.  Bien sur le ruisseau (creek en anglais) Spring est gonflé à bloc comme la rivière Bow qui fait toujours l'objet d'une alerte au débordement jusqu'à Calgary.  La route d'accès à notre site sur le camping est couverte d'une dizaine de centimètres d'eau mais notre Rav-4 peut franchir cet obstacle sans problème. Notre site comme tel  est sur une petite hauteur et n'est donc pas inondé mais demeure plutôt spongieux !   Pour le moment nous dormons chez notre fille puisque nous devons garder Félix, pendant que maman et et papa sont à l'hôpital (bon timing !). Nous espérons que d'ici le week end les dépressions qui se succèdent au-dessus de nos têtes iront se faire voir ailleurs. Comme nous sommes au fond d'une vallée entourée de sommets de plus de 2000 mètres et que ces sommets ont conservé une partie de leur couvert de neige, l'effet de la pluie torrentielle est catastrophique car elle se mêle à l'eau de fonte qui descend des montagnes à grande vitesse. A moins de 800 mètres   de la maison de ma fille à Cougar Creek il y a un quartier complet qui a été dévasté par un torrent de boue et d'eau. Dans ce quartier la Ville de Canmore avait creusé un canal pour canaliser l'eau de fonte du Cougar Creek, c'est ce canal qui a été complètement submergé au cours des dernières heures et qui a emporté plusieurs maisons et terrains.  Derrière la maison de ma fille la route "Benchland's Trail" a été réquisitionnée par les services d'urgence pour acheminer une quantité impressionnante de tracteurs, chargeuses, pelles mécanique et de camions remplis de gravier et de grosses roches pour tenter de colmater les brèches du système de canalisation et réduire la dévastation. Un peu plus bas dans la vallée l'accès à la transcanadienne en direction Est et Ouest est fermée, car plusieurs tronçons ont été emportés par la cru de la Bow River et certains ponts ont été sérieusement endommagés. Il est clair que nous ne pourrions quitter Canmore actuellement et rien ne pourra y entrer sans de sérieux travaux de réparation des infrastructures.  Des hélicoptères assurent présentement les liaisons d'urgence lorsque le plafond de vol le permet, ce qui a été peu fréquent aujourd'hui !  Bref, nous nous souviendrons longuement de notre séjour à  Canmore  sous le thème naissance et inondation !      

    Complexe immobilier voisin de l'hôpital de Canmore où est née Chloé...beaucoup d'eau!

   L'entrée du stationnement de l'hôpital en face près de 30 cm d'eau au sol.
   Le véhicule de transport adapté de l'hôpital de Canmore qui tente une sortie... derrière
   une pompe qui tente d'évacuer l'eau...une manoeuvre totalement inutile !
   Stationné au mauvais endroit !
    Ambulance... non !  Bateau ambulance !
    Ha le "pickup " !  Pratique quand il y a 18 pouces d'eau sous les roues.




mercredi 19 juin 2013

Une ballade sur la rivière Bow.


Après un peu plus de 4100 kilomètres de route, 815 litres d'essence, 7 campings et 11 jours nous voici enfin dans la Bow Valley au camping Spring Creek aux contreforts des rocheuses. Ce paysage nous est familier car depuis 2001 nous le fréquentons assez régulièrement car notre fille vit dans cette vallée grandiose à Canmore à  moins de trente minutes de Banff.  La Bow Valley doit son nom à la rivière Bow qui prend sa source dans le Lac Bow situé un peu plus au nord-ouest dans le parc national de Jasper.  La rivière Bow est un affluent de la rivière Saskatchewan-sud, et est comme telle une des sources indirecte du fleuve Nelson. Elle appartient donc à un vaste réseau hydrographique qui prend naissance dans les rocheuses et se rend jusqu'à la Baie d'Hudson traversant trois provinces: l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. L'origine du nom de la "Bow River" en anglais fait référence au roseau utilisé par les amérindiens  pour fabriquer des arcs. Dès les premiers kilomètres dans les contreforts des Rocheuses  nous rencontrons d'ailleurs le "Lac Des Arcs" qui témoigne encore une fois de la présence des francophones dans l'exploration de l'ouest canadien. 

    Le Lac Bow, la source de la rivière du même nom dans le parc Jasper.

    Un arrêt obligatoire au Lac des Arcs aux contreforts des Rocheuses

La rivière Bow est magnifique autant par sa couleur d'un beau bleu turquoise que par le paysage qui l'entoure. Elle n'est pas très large et peu profonde, mais présente un fort débit qui par endroit se transforme en rapides tumultueux propices aux  sports en eaux vives comme le kayak de rivière et le "rafting". Mon gendre est d'ailleurs "raft guide" durant la période estivale pour la compagnie canadianrockies.ca. C'est d'ailleurs en sa compagnie que nous avons fait notre premier parcours en "raft" sur un segment de 5 kilomètres de la Rivière Bow en partant de Canmore.  C'est un segment qui n'a rien de sportif mais qui est totalement génial pour une petite ballade familiale avec notre petit fils et sa maman qui doit donner naissance à son deuxième enfant dans quelques jours....donc pas de risque inutile, deux téléphones cellulaires sont à portée de main et il y a une voiture à fin du trajet qui nous attend. Pour la photographie, c'est probablement l'un des plus beaux segments car sur les deux rives de la Bow il y a des montagnes au relief spectaculaire comme les "Three Sistres",  le "Ha Ling Peak"et le "Mont Rundle". Plus au loin à l'ouest, dans l'axe même de la rivière nous apercevons le Mont Cascade, partiellement recouvert de neige en ce mois de juin, qui complète ce paysage grandiose.  Même si j'ai photographié des milliers de fois ces montagnes, j'arrive encore à découvrir de nouveaux angles et des qualités de lumière qui changent continuellement  en fonction des saisons, des heures du jour ou des nuages qui s'accrochent à leur sommet.

    Félix est déjà prêt à se lancer sur la rivière Bow
   Au loin le Mont Cascade qui domine également le paysage dans le parc de Banff.
   Derrière moi deux des Three Sisters se montrent le bout du sommet !



Notre ballade sur "la Bow" se termine comme elle a débuté, dans le calme et la sérénité de cette très belle nature.